Pollution de l'air et enjeux énergétiques

1. Le profil en bref   

Il n’y a pas de programme de surveillance de la qualité de l’air aux Îles-de-la-Madeleine, ni d’inventaire officiel des émissions atmosphériques ou de portrait de la qualité de l’air. Vu l’exiguïté du territoire, des nuisances sont parfois ressenties, plus ou moins fortement, par les résidents voisins des zones industrielles. Certains sont inquiets pour leur santé et n’ont pas en mains les moyens de se rassurer sur la nature des contaminants et des risques qui y sont liés.

Par ailleurs, nous n’avons pas encore de bilan des émissions locales de gaz à effet de serre, mais nous connaissons déjà les éléments suivants. À elle seule, la centrale thermique de Cap-aux-Meules brûle en moyenne 40 millions de litres de mazout par année – avec une puissance totale de 67,2 MW, il s’agit de la plus grosse centrale thermique du Québec. La plupart des habitations en dépendent pour l’électricité et utilisent des chaudières au mazout pour le chauffage. Actuellement, 12 000 véhicules immatriculés sillonnent le territoire (sans compter les visiteurs); malgré une diminution de la population entre 2000 et 2003, on notait une augmentation de 12,4 % du parc automobile, de 26 % du nombre de véhicules tout-terrain et de 21 % du nombre de motoneiges. Il n’existe pas encore de réseau organisé pour le covoiturage, mais un service de transports en commun se développe tranquillement. En 2008, la flotte accostant sur le territoire était constituée d’environ 1200 navires (bateaux de pêche, de plaisance, flotte commerciale, traversier et croisières). 

Nous subissons très fortement les effets du changement climatique, qui est directement lié au réchauffement de l’atmosphère causé par une hausse constante des émissions de gaz à effet de serre sur le plan mondial. La contribution des Îles à ce phénomène est proportionnelle au nombre de ses habitants, donc sans doute insignifiante. Mais les gouttes d’eau font l’océan, et il nous sera possible, à mesure que la conscience grandit, notamment à l’échelle du globe, de tirer profit des incitatifs du marché qui se mettent en place pour améliorer notre bilan.

Pour en savoir plus :
> lire le profil complet de la situation.
> lire le bilan des actions posées jusqu’à maintenant (PDF).

2. Risque

La pollution de l’air.

  • Les acteurs jugent ce risque très probable : il a entre 80 et 100 % de chances de survenir, et la tendance de cette probabilité est légèrement à la hausse.
  • Le risque est réparti sur l’ensemble du territoire, et se concentre dans les zones industrielles.
  • Les impacts liés à ce risque ont été identifiés et les acteurs ont jugé ensemble de leur gravité.

Pour lire la grille d’évaluation des impacts, cliquez ici.

3. Enjeux

1. Assurer la sécurité énergétique, accroître l'autonomie énergétique et réduire les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire.

2. Éliminer les nuisances qui affectent la qualité de vie des citoyens.

4. Gestes à poser

4.1. Option 1. Renforcer les capacités d'action : réunir un comité de travail sur la question des nuisances et adopter une stratégie énergétique pour le territoire

  1. Réunir un comité de travail sur la question des nuisances afin de :
    1. établir les priorités d'intervention sur le territoire;
    2. assurer le financement des interventions prioritaires;
    3. coordonner les efforts menés afin d'en assurer la cohérence.
  2. Élaborer et adopter une stratégie énergétique concertée visant à :
    1. assurer la sécurité énergétique sur le territoire;
    2. accroître l'autonomie énergétique sur le territoire : explorer et introduire des solutions de rechange au pétrole quant à l'approvisionnement en énergie (appropriées au cadre de vie, aux activités économiques et aux infrastructures présentes et projetées);
    3. améliorer l'efficacité énergétique dans la gestion des infrastructures, du transport, du secteur industriel, commercial, résidentiel, de l'agriculture et des pêches.

4.2. Option 2. Atténuer les nuisances qui affectent la qualité de vie des citoyens.

  1. Compléter l'inventaire des sources potentielles de pollution en précisant la nature des contaminants et en identifiant leurs effets potentiels sur la santé et l'environnement. Identifier les populations vulnérables à ces effets.
  2. Renforcer l'application de la réglementation et, lorsque nécessaire, exiger la mise en place de mesures innovantes afin d'atténuer les nuisances, notamment celles reliées à l'usine de béton bitumineux et aux carrières et sablières qui sont situées à proximité de zones résidentielles.
  3. Poursuivre les travaux visant la mise aux normes du centre de gestion des matières résiduelles par rapport à la qualité de l'air.
  4. Atténuer les nuisances associées à la pollution lumineuse.

4.3. Option 3. Assurer la sécurité énergétique, accroître l'autonomie énergétique et améliorer l'efficacité énergétique sur le territoire.

  1. Explorer et introduire graduellement des solutions de rechange aux énergies fossiles quant à l'approvisionnement en énergie sur l'archipel (résidences, ICI, transport, agriculture, pêches) : énergie solaire, éolienne, géothermie, biomasse, câble souterrain, etc.;
  2. Poursuivre les efforts visant à augmenter l'efficacité énergétique dans la gestion des infrastructures, du transport et dans les activités des secteurs industriel, commercial, résidentiel, agricole et des pêches.
    1. Réaliser un portrait des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire et élaborer des indicateurs de réduction des GES adaptés à la réalité insulaire.
    2. Promouvoir la mise en place de systèmes de gestion environnementale certifiés ISO 14001 et de technologies propres auprès des ICI : former la main-d'œuvre, soutenir et inciter à l'innovation.
    3. Poursuivre et maintenir les avancées réalisées dans le cadre du projet de laboratoire rural, notamment celles visant à :
      • Optimiser les infrastructures de gestion et de traitement des matières résiduelles afin d'exploiter au mieux le potentiel de valorisation des matières et de l'énergie.
      • Poursuivre et renforcer les efforts déployés auprès des ICI et de la population afin de promouvoir la réduction à la source, le réemploi et la récupération des matières résiduelles.
    4. Promouvoir la consommation locale auprès de la population et l'adoption de politiques d'achat local auprès des ICI.
    5. Poursuivre les efforts visant à développer les modes de transport collectifs et actifs sur le territoire.
      • Instaurer un système de covoiturage afin de bonifier l'offre de transports en commun.
      • Renforcer la promotion des transports collectifs et actifs auprès des citoyens et des visiteurs.
      • Poursuivre le développement des pistes cyclables et des infrastructures connexes et améliorer les infrastructures destinées aux piétons.
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Le Plan stratégique d'intervention en environnement sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine est une réalisation d'Attention FragÎles en concertation avec les acteurs en environnement aux Îles-de-la-Madeleine.