Carrières et sablières - Gestes à poser

1. Le profil en bref           

On trouve sur les îles un nombre important de brèches et de trous de grandeurs variables, témoignant d’une période d’exploitation non contrôlée de la pierre, du sable et du gravier sur le territoire. En 1980, 321 sites d’extraction avaient été recensés. Depuis ce temps, grâce aux efforts du milieu, une cinquantaine d’entre eux ont été restaurés.

D’autre part, 15 à 20 sites sont aujourd’hui en activité. Leur exploitation n’étant pratiquement pas encadrée, et en l’absence de moyens pour améliorer ce contrôle, la plupart de ces sites ont dépassé les limites d’exploitation. Des impacts majeurs sur le paysage, les milieux littoraux et les ruisseaux ont été identifiés par les acteurs du milieu.

Or, la demande est toujours grande, augmente d’année en année, et on prévoit qu’elle continuera de croître dans les prochaines années, notamment vu les besoins liés aux travaux de lutte et d’adaptation aux changements climatiques.

Pour en savoir plus :
> profil complet des carrières et sablières.
> bilan des actions posées jusqu’à maintenant.

2. Risque

 Nous risquons la perte de contrôle dans l’exploitation des carrières et des sablières.

  • Les acteurs jugent ce risque très probable : il a entre 80 et 100% de chances de survenir, et la tendance de cette probabilité est à la hausse.
  • Carrières : le risque se limite surtout aux lots qui bénéficient d’un droit acquis. Sablières : le risque n’est pas circonscrit à un endroit précis.
  • Les impacts liés à ce risque ont été identifiés et les acteurs ont jugé ensemble de leur gravité.    

Pour en savoir plus :
> télécharger la grille d’évaluation des impacts.

3. Enjeu

Étant donné l’offre limitée et les pressions exercées sur les sites d’extraction de matériaux granulaires, améliorer la gestion de l’offre et réduire la demande pour les ressources locales.

4. Gestes à poser

4.1. Option 1. Renforcer les capacités d’action à l'échelle du territoire.

  1. Réunir un comité de travail faisant intervenir minimalement le MRNF, le MDDEP, le MSP, le MPO, Transports Canada, le MTQ et l’Agglomération des Îles afin de :
    1. Établir les priorités d’intervention sur la gestion de l’offre et de la demande de matériaux granulaires;
    2. Coordonner les efforts menés sur le territoire et en assurer la cohérence;
    3. Clarifier les aspects de gouvernance et les mandats des acteurs locaux et régionaux sur la question afin d’identifier les failles et les opportunités;
    4. Assurer le financement des interventions de gestion jugées prioritaires, au niveau local :
      • Créer un fonds pour le renforcement des milieux dunaires et leur protection.
      • Analyser les avantages et les coûts associés aux différents outils de délégation du MRNF pour la gestion du territoire public.
    5. Insérer la question de l’offre et de la demande en matériaux granulaires dans un Plan de lutte et d’adaptation aux changements climatiques.

4.2. Option 2. Agir sur l’offre : renforcer le système de gestion des carrières et sablières.

  1. Pour chaque site d’exploitation actif ou autorisé, évaluer sa durée de vie utile en fonction des impacts à prévoir notamment sur les nappes d’eau, le couvert forestier et végétal, les aires protégées, le patrimoine paysager et l’érosion du littoral.
  2. Évaluer le potentiel actuel et futur des ressources granulaires du territoire - pour la pierre, le sable et le gravier - y compris des matériaux issus du dragage des ports et des chenaux (horizon de 20 ans). Considérer dans l’analyse les scénarios d’évolution du trait de côte liés aux changements climatiques et les risques de pollution du littoral sablonneux.
  3. Adapter la réglementation sur l’exploitation des matériaux granulaires (en terres publiques et privées) en fonction des contraintes physiques et environnementales particulières des Îles.
    1. Adapter et mettre à jour la réglementation sur les bancs d’emprunt en milieu dunaire, vu le niveau de vulnérabilité du littoral à l’érosion et les effets anticipés des changements climatiques.
    2. Appliquer les décisions réglementaires et incitatives appropriées, en particulier dans les sablières et carrières jugées problématiques et situées dans des milieux vulnérables.
  4. Développer, en concertation avec les utilisateurs, des moyens alternatifs d’améliorer la gestion des sites autorisés et des sites illégaux. Au préalable, informer les utilisateurs à propos des impacts économiques et écologiques actuels et à prévoir si les conditions actuelles se maintiennent.

4.3. Option 3. Agir sur la demande : prévoir les besoins, évaluer les options disponibles et adopter des solutions innovantes afin de réduire la pression sur les milieux vulnérables.

  1. Évaluer la demande actuelle et future en matériaux granulaires, en considérant notamment les scénarios d’évolution du trait de côte liés aux changements climatiques (horizon de 20 ans). Inviter les principaux utilisateurs à participer à cette évaluation.
  2. Réaliser une évaluation territoriale des coûts et avantages [1] des options liées à l’offre de matériaux granulaires (recyclage, dragage, captage de sable, extraction, importation), en fonction de la demande. Dans l’évaluation des coûts et avantages, considérer l’impact d’un regroupement de la demande au niveau du territoire.
  3. Adopter des solutions innovantes afin de réduire la demande en matériaux granulaires sur l’archipel:
    1. Organiser la valorisation des matériaux granulaires extraits des divers sites de dragage (port et mine de sel) en tenant compte des études d’impact sur l’environnement maritime et terrestre.
    2. Maintenir et renforcer les dispositifs de recyclage de l’asphalte et des matériaux de démolition pour les infrastructures routières et pour le secteur de la construction.
    3. Former la main-d’œuvre, soutenir et inciter à l’innovation dans le domaine de la récupération, du recyclage et de la valorisation des matériaux granulaires.
    4. Former la main-d’œuvre, soutenir et inciter à l’innovation dans le domaine de la construction et de l’architecture (stabilité, énergie, isolation thermique) afin de réduire la demande pour les matériaux granulaires.

4.4. Option 4. Restaurer les sites inactifs dont les impacts sur l’environnement et les paysages sont jugés importants.

  1. Mettre à jour l’inventaire des sites de carrières et sablières aujourd’hui inactifs et restaurer les sites dont les impacts sur le paysage, les milieux littoraux, les aires protégées et les nappes et cours d’eau sont jugés importants.
1.
L’analyse coûts-avantages consiste à comparer, du point de vue de l’ensemble de la société, les coûts et les avantages encourus par tous les agents, incluant les coûts et avantages n’ayant pas de valeur marchande (Ouranos, L’évaluation des avantages et des coûts de l’adaptation aux changements climatiques, 2008).
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Le Plan stratégique d'intervention en environnement sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine est une réalisation d'Attention FragÎles en concertation avec les acteurs en environnement aux Îles-de-la-Madeleine.