Milieux humides - Gestes à poser

1. Le profil en bref

Les étangs, marais, tourbières et prés humides agissent comme des capteurs de pluie. Ils emmagasinent l’eau, la filtrent et lui permettent de percoler tranquillement à travers le sol vers les nappes souterraines. Lorsqu’ils bordent le littoral, leur présence atténue l’impact des inondations sur les infrastructures côtières, les routes, les habitations, grâce à leur végétation qui recueille de grands volumes d’eau et les redistribue progressivement. Si quelques uns sont isolés, la plupart sont au cœur des cycles hydrologiques, intimement liés à la mer, ou entre eux, par les cours d’eau et les nappes.

Les plus vastes milieux humides, qui bordent les plans d’eau intérieurs et quelques plaines côtières, permettent la fixation graduelle des berges et des milieux dunaires. Ils sont chers aux Madelinots qui les utilisent pour chasser, pêcher, cueillir, ainsi qu’à l’industrie touristique, pour les sports de voile et les paysages. Si la plupart sont protégés par un statut de conservation, le contrôle des pressions qui agissent sur eux demeure néanmoins précaire ; les moyens de gestion sur le territoire étant très restreints. Par ailleurs, ils sont grandement vulnérables à la hausse du niveau de la mer et à l’érosion du littoral.

Les milieux humides de petites dimensions sont plutôt dispersés sur les îles habitées. Ce sont eux qui alimentent les nappes d’eau douce que nous exploitons. Malgré une plus grande sensibilité des citoyens à leur égard, il arrive encore qu’on les remblaie sans permission. Par ailleurs, de grands efforts ont été déployés localement pour mieux les protéger, notamment grâce à l’élaboration d’un nouvel outil qui les classe selon un indice de qualité. Ce dernier doit encore être affiné pour que puissent être protégés en priorité les milieux qui atténuent l’impact des inondations et alimentent les nappes d’eau potable.

Pour plus d'information :
> consultez le profil complet des milieux humides.
> consultez le bilan des actions passées et en cours sur ce thème.

2. Risque

La perte et la dégradation des milieux humides.

  • Les acteurs jugent ce risque probable : il a entre 60 et 80 % de chances de survenir, et la tendance de cette probabilité est à la hausse.
  • Étendue spatiale : ce risque est plus probable dans les milieux humides riverains.
  • Étendue temporelle : ce risque est associé entre autres aux événements météorologiques extrêmes.
  • Les impacts liés à ce risque ont été identifiés et les acteurs ont jugé ensemble de leur gravité.

Cliquez ici pour la grille d’évaluation des impacts.

3. Enjeu

Prévenir la perte et la dégradation des milieux humides de manière ciblée, en particulier là où ils sont essentiels à l'approvisionnement des nappes exploitables, à la régulation du régime hydrologique et à la préservation de la biodiversité.

4. Gestes à poser

4.1. Option 1. Renforcer les capacités d’action à l'échelle du territoire.

  1. Réunir un comité de travail faisant intervenir minimalement l'Agglomération, le MDDEP, le Comité ZIP et les experts hydrogéologues afin de:
    1. Établir les priorités d’intervention sur le territoire;
    2. Coordonner les efforts menés et en assurer la cohérence;
    3. Clarifier les aspects de gouvernance et les mandats des acteurs locaux et régionaux;
    4. Assurer le financement des interventions jugées prioritaires. 
    5. Insérer la question relative à la conservation des milieux humides côtiers dans un Plan de lutte et d’adaptation aux changements climatiques. Obtenir l’avis d’experts sur cette question.
  2. Affiner l’outil d’aide à la décision développé récemment pour intégrer la connaissance sur les fonctions écologiques des milieux humides:
    1. Poursuivre les efforts visant la caractérisation des milieux humides pour couvrir l’ensemble du territoire; et poursuivre la mise à jour des données cartographiques.
    2. Poursuivre l’identification des pressions naturelles et anthropiques et analyser leur influence sur la qualité des milieux.
    3. Au moyen d’une analyse cartographique, identifier les milieux humides qui contribuent le plus fortement à alimenter les nappes d’eau exploitables et à atténuer l’impact des inondations sur les infrastructures et le littoral. Au besoin, analyser les processus à l’œuvre ou obtenir l’avis d’un expert hydrogéologue afin de mieux comprendre les liens entre les milieux humides, les cours d’eau et les nappes.
    4. Toujours au moyen d’une analyse cartographique, identifier ensuite les lots sur lesquels les milieux humides sont à la fois estimés importants vu leur qualité écologique (indice 1 à 4) et leurs rôles dans l’alimentation des nappes et l’atténuation des inondations, et à la fois jugés vulnérables étant donné les pressions qui s’exercent sur eux. Agir sur ces lots en priorité [1].
      Fonctions écologiques des milieux humides

4.2. Option 2. Réduire les pressions exercées sur les milieux humides prioritaires; et les restaurer au besoin.

  1. Dans les zones jugées prioritaires à la suite de l’analyse proposée à l’option 1, limiter/interdire tout remblai ou altération des milieux humides. Pour y arriver :
    1. Poursuivre les efforts visant à intégrer dans la réglementation municipale l’outil d’aide à la décision récemment développé et affiné. Former au besoin les agents chargés de mettre en œuvre cette réglementation.
    2. Poursuivre les efforts de sensibilisation et d’éducation visant à créer un consensus social à propos de la nécessité de cette réglementation : informer les citoyens des bienfaits générés par les milieux humides.
  2. Dans les zones jugées prioritaires, restaurer les milieux humides dégradés et poursuivre les efforts visant à éliminer la pollution.
    1. Améliorer le suivi des paramètres physico-chimiques et organiques de l’eau des milieux humides afin de pouvoir plus facilement retracer l’origine des contaminants. Restaurer les milieux fortement contaminés.
    2. Agir au besoin sur les flux ponctuels et diffus d’origine agricole, en particulier s’ils menacent les milieux vulnérables (voir les interventions proposées dans le thème sols agricoles, à l’option 4)
    3. Poursuivre les travaux visant la mise aux normes des installations septiques des résidences isolées, en particulier celles situées en amont des humides (voir les interventions proposées dans le thème eaux souterraines, risque de contamination, à l’option 3).
    4. Installer des poubelles adéquates aux abords des accès menant aux plans d’eau intérieurs et poursuivre les efforts visant à éliminer les dépotoirs clandestins en milieux humides.
    5. De façon générale, poursuivre les efforts d’éducation et de sensibilisation du grand public dans le but de réduire les pressions connues sur les milieux humides.
    6. Lorsque possible, inviter les citoyens et les groupes d’utilisateurs à contribuer aux travaux d’entretien, de suivi ou de restauration des milieux humides. Par exemple, développer un service d’accompagnement des citoyens qui désirent entretenir ou restaurer les milieux humides sur leur propre terrain.
  3. Évaluer les risques associés aux espèces exotiques envahissantes en milieux humides et sensibiliser la population à cette question.

4.3. Option 3. Prévenir l’érosion, l’ensablement et la submersion des zones humides bordant les plans d'eau intérieurs et les plaines côtières.

  1. Poursuivre le travail de rationalisation des accès aux plans d’eau intérieurs.
    1. Limiter les accès jugés superflus en fonction de critères établis avec les usagers.
    2. Évaluer la nécessité d’aménager de nouveaux accès balisés, stationnements ou rampes de mise à l’eau, en particulier là où les accès se sont multipliés et traversent des milieux humides vulnérables.
  2. Restaurer les dunes endommagées situées aux abords des milieux humides d’importance (voir les interventions proposées dans le thème dunes et plages, à l’option 2).
  3. Mettre en œuvre la réglementation municipale et provinciale relative aux usages permis en milieux humides, notamment à propos de la circulation des VHR :
    1. Renforcer les capacités de mise en œuvre de la réglementation municipale et provinciale sur les terres publiques (ressources financières et humaines).
    2. Mieux informer les citoyens et les visiteurs à propos de cette réglementation. Améliorer notamment la signalisation et l’affichage sur le terrain.
    3. Poursuivre les efforts de sensibilisation et d’éducation visant à créer un consensus social à propos de la nécessité de cette réglementation.

4.4. Option 4. Mettre en valeur les milieux humides afin de les conserver et de les renforcer.

  1. Poursuivre les efforts de recherche, de suivi et de protection visant à conserver la biodiversité et les espèces en péril et en assurer le financement.
    1. Inventorier les plantes et les oiseaux rares, ainsi que les espèces ou variétés endémiques et en milieux humides afin d’identifier des milieux d’intérêt d'un point de vue écologique et éducatif.
    2. Conserver les milieux écologiques d’intérêt et évaluer l’état des milieux humides dans les zones actuellement conservées. Lorsque nécessaire, investir dans l'acquisition de certains sites ou encourager la conservation volontaire des milieux naturels par les propriétaires privés.
    3. Réaliser les travaux d’entretien, d’intendance et d’aménagement jugés nécessaires à leur conservation.
    4. Renforcer les capacités des agents (MRNF et Environnement Canada) chargés de limiter l’incidence humaine sur la faune.
  2. Déployer le potentiel éducatif des zones humides d’intérêt écologique sur le territoire.
    1. Évaluer le potentiel de mise en valeur des milieux humides situés en terres publiques par la création d'un parc régional ou d'un instrument semblable.
    2. Améliorer et entretenir les sentiers actuels et les panneaux d’interprétation qui mettent en valeur les zones d’intérêt (sentiers de la Pointe-de-l’Est, sentier du Barachois, etc.). Développer les capacités (financement et main-d’œuvre) afin d’assurer leur entretien à long terme.
    3. Sensibiliser les utilisateurs aux bonnes méthodes de cueillette (petits fruits) et de chasse.
    4. Poursuivre les efforts visant à développer des activités éducatives destinées au milieu scolaire.
1.
Ainsi, certains milieux aujourd’hui classés 1 ou 2 selon l’indice développé – et donc non protégés par la réglementation municipale actuelle – pourraient par exemple être surclassés en raison de leur importance pour la recharge des nappes ou pour la protection des zones inondables.
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Le Plan stratégique d'intervention en environnement sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine est une réalisation d'Attention FragÎles en concertation avec les acteurs en environnement aux Îles-de-la-Madeleine.