Plan stratégique d'intervention en environnement sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine

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Nappes d’eau souterraines, épuisement - Gestes à poser

1. Le profil en bref

Les nappes souterraines d’eau douce, situées dans la formation géologique de grès, sont aujourd’hui la seule source d’eau exploitable sur l’archipel. Elles sont alimentées par l’eau de pluie et la fonte des neiges, dont elles recueillent environ 30 % du volume annuel, l’autre portion ruisselant vers la mer. Les sols forestiers et agricoles, les prairies et les milieux humides agissent comme des puits naturels, permettant à l’eau de percoler à travers le sol jusqu’aux nappes. La recharge fluctue ainsi différemment d’une île à l’autre, et au gré des saisons et des conditions météorologiques.

La demande en eau potable augmente tranquillement d’année en année ; alors que le niveau d’eau douce dans les nappes s’abaisse peu à peu. En saison estivale, la demande est parfois si forte qu’elle excède la capacité des puits en certains endroits. Par ailleurs, l’eau des nappes est aujourd’hui d’excellente qualité et n’a pas à être purifiée avant d’être utilisée. Or, vu la porosité des sols et du soubassement rocheux, les eaux souterraines sont très vulnérables aux contaminants de surface. Aussi, étant donné la configuration du grès largement en contact avec la mer, lorsque le niveau d’eau douce s’abaisse trop dans une nappe donnée, l’eau salée remonte vers la surface pour combler le vide créé, rendant cette nappe inutilisable pour plusieurs années. Enfin, les effets à prévoir étant donné les impacts des changements climatiques, en particulier la hausse du niveau marin, sont inconnus.

La disponibilité d’une eau de qualité est essentielle aux activités des principaux secteurs économiques de l’archipel, et l’implantation de nouveaux puits ou la purification à grande échelle sont des solutions fort coûteuses pour une communauté payant déjà les surcoûts de l’insularité.

Pour en savoir plus :
> lisez le profil complet des eaux souterraines
> lisez le bilan des actions posées jusqu'à maintenant

2. Risque

L’épuisement des nappes d’eau exploitables.

  • Les acteurs jugent ce risque moyennement probable sur l’île du Cap-aux-Meules (on estime qu’il a entre 40 et 60 % de chances de survenir), peu probable à Havre-aux-Maisons, Grosse-Île et Grande-Entrée (20 à 40 %), et très peu probable à Havre-Aubert et à l’Île-d’Entrée.
  • La tendance de cette probabilité est légèrement en augmentation partout.
  • Étendue temporelle : ce risque a plus de chance de survenir en été.
  • Les impacts liés à ce risque ont été identifiés et les acteurs ont jugé ensemble de leur gravité.    

Pour en savoir plus :
> lire la grille d’évaluation des impacts, cliquez ici.
> consulter la page de l'autre risque menaçant le même milieu, soit la contamination.

3. Enjeu

Étant donné l’importance de l’eau pour l’économie et le tissu social, protéger, préserver et améliorer le potentiel des nappes exploitables, rationaliser la demande et les usages et optimiser le système de production et de distribution de l’eau potable.

4. Gestes à poser

*Voir aussi les trois options d’intervention visant à contrer la contamination des nappes exploitables.

4.1. Option 1. Renforcer les capacités d’action à l'échelle du territoire.

  1. Réunir un comité de travail sur l’eau, faisant intervenir minimalement les municipalités des Îles et de Grosse-Île, le MDDEP, les experts hydrogéologues, le MSP, le Comité ZIP et Attention FragÎles, afin de :
    1. Établir les priorités d’intervention et de recherche, et en assurer le financement;
    2. Coordonner les efforts de recherche, de protection, de formation, de mise en valeur et de sensibilisation afin d’en assurer la cohérence ;
    3. Clarifier le mandat des acteurs locaux et régionaux et les aspects de gouvernance liés aux problématiques de l’eau ;
    4. Insérer la question relative à la protection des nappes dans un Plan de lutte et d’adaptation aux changements climatiques.
  2. Élaborer ou adapter le Plan d’urgence à mettre en œuvre en cas de pénurie d’eau, différencié par île et par type de nappe exploitable.
  3. Maintenir et mettre à niveau le savoir et le savoir-faire des intervenants locaux en hydrologie et hydrogéologie (pour inclure notamment les connaissances liées aux changements climatiques), ainsi que celui des opérateurs de l’eau.

4.2. Option 2. Agir sur l’offre: protéger, préserver et améliorer la recharge des nappes d’eau exploitables.

  1. Définir les aires de recharge des puits municipaux projetés. Cartographier également les aires de recharge des puits privés dans les villages non desservis par le réseau d’aqueduc.
    Figure : Recharge (1)
  2. Dresser un portrait des usages dans les aires de recharge des puits municipaux existants et projetés, en priorité là où le niveau des nappes diminue graduellement et où la demande est importante.
    Figure : Recharge (2)
  3. Analyser les facteurs qui influencent la recharge des nappes (hydrographie, milieux humides, couvert forestier, conditions climatiques), afin de mieux prévoir leur évolution.
  4. Évaluer l’impact des changements climatiques sur la recharge des nappes (hausse du niveau de la mer, érosion, inondation\submersion, précipitations).
  5. Évaluer les risques liés aux projets d’exploration et d’exploitation du gaz naturel sur terre, en lien avec les nappes et la stabilité des diapirs.
  6. En prévision des besoins futurs, ajuster et mettre en œuvre le plan de protection des aires d'alimentation des puits municipaux existants et projetés, afin de préserver le potentiel de recharge des nappes.
  7. Arrimer les décisions de zonage et d’urbanisme avec les résultats de l’étude hydrogéologique, avec les prévisions sur le changement climatique et avec les données recueillies sur les usages dans les aires de recharge;
  8. Identifier et réaliser les mesures correctrices pour augmenter la recharge des nappes là où l’analyse le prescrit (par exemple, réhabiliter les cours d’eau, prévenir la déforestation, protéger les milieux humides, conserver des terrains, etc.)
  9. Introduire, de pair avec les acteurs du milieu, la gestion intégrée par sous-bassin hydrologique, particulièrement dans les aires de recharge des nappes exploitables.

4.3. Option 3. Adapter et optimiser le système de pompage, de réservoirs et de distribution de l'eau potable.

  1. Optimiser le système de production et de distribution de l’eau potable sur l’île de Cap-aux-Meules (débits de pompage, capacité des réservoirs, réseaux d’aqueduc), vu l’importance de la demande et des pressions, et étant donné son état.
  2. Poursuivre les actions visant à réduire les fuites dans les réseaux d’aqueduc et maintenir les taux de fuite en deçà de 30%.
  3. Maintenir et favoriser la mise à niveau constante du savoir et du savoir-faire des opérateurs de l’eau.

4.4. Option 4. Agir sur la demande : optimiser et rationaliser le prélèvement de l'eau potable.

  1. Poursuivre les activités de sensibilisation visant à diminuer le gaspillage de l’eau, en priorité auprès des plus grands consommateurs et des jeunes.
  2. Diminuer la pression domestique sur l’eau potable, particulièrement dans les villages où la ressource est rare ou insuffisante, en incitant les résidents à récupérer les eaux de pluie, à récupérer les eaux grises pour les chasses d’eau et à réduire la capacité des chasses d’eau.
  3. Élaborer des outils de sensibilisation et développer des incitatifs économiques et réglementaires visant à optimiser l’utilisation de l’eau chez les plus grands consommateurs, notamment dans le secteur de la transformation des produits de pêche (système d’optimisation de la gestion des flux de matières et d’énergie, système de gestion environnementale, technologies innovantes).
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Le Plan stratégique d'intervention en environnement sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine est une réalisation d'Attention FragÎles en concertation avec les acteurs en environnement aux Îles-de-la-Madeleine.