Sols agricoles - Gestes à poser

1. Le profil en bref

L’agriculture, telle qu’on la vit aujourd’hui sur le territoire, engendre des biens et services jugés importants par les acteurs du milieu. Elle contribue à la diversification de l’économie, à la qualité des sols, à la beauté des paysages et à la vitalité des villages isolés ; elle renforce le tissu social ; elle protège les sols de l’érosion ; et, lorsque destinée à la consommation locale, elle sécurise l’approvisionnement alimentaire et contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre dues au transport des aliments.

Or, l’accès difficile à une grande partie des terres propices à l’agriculture, couplé aux pressions liées au développement domiciliaire et à la villégiature, influence grandement les possibilités de développement du secteur. En effet, les terres à fort potentiel agricole sont de moins en moins accessibles et se détériorent, parfois de façon irréversible, faute d’être protégées : 90 % des terres cultivées aujourd’hui n’appartiennent pas aux agriculteurs et seulement 58 % des terres cultivées sont protégées par un zonage agricole.

Les entrepreneurs ont du mal à opérer et à entrevoir l’avenir dans ces conditions. Accompagnés des principaux acteurs du secteur agroalimentaire, ils tentent depuis plusieurs années de réhabiliter ce potentiel, pour eux-mêmes et afin que les générations futures puissent encore choisir de travailler les sols pour développer le potentiel agricole du territoire.

Pour en savoir plus :
> profil complet de la situation pour ce milieu.
> bilan des actions posées jusqu’à maintenant en lien avec ce milieu.

2. Risque

La perte d'accès et la dégradation des terres agricoles.

  • Les acteurs jugent ce risque très probable : il a entre 80 et 100% de chances de survenir, et malgré tous les efforts menés aujourd’hui, la tendance de cette probabilité est à la hausse.
  • Ce risque est généralisé sur le territoire, mais plus particulièrement sur les îles de Cap-aux-Meules, Havre-Aubert et Havre-aux-Maisons
  • Les impacts liés à ce risque ont été identifiés et les acteurs ont jugé ensemble de leur gravité.

Pour lire la grille d’évaluation des impacts, cliquez ici.

3. Enjeu

Préserver et réhabiliter les terres à potentiel agricole afin de pouvoir bénéficier des biens et services engendrés par l’agriculture, aujourd’hui et dans les années à venir.

4. Gestes à poser

4.1. Option 1. Joindre les efforts du secteur de l’environnement à celui de l’agroalimentaire.

  1. Poursuivre les travaux de la Table de concertation bioalimentaire [1] des Îles de la Madeleine (TCBIM) en y joignant un représentant du secteur de l'environnement et/ou en accueillant un représentant de la TCBIM au sein du groupe de référence en environnement (GRE), en particulier pour les questions liées à la forêt, à l’eau, à la conservation de la biodiversité et aux impacts des changements climatiques.
    1. Établir les priorités d’intervention sur le territoire, et coordonner les efforts de recherche, de protection, de formation, de mise en valeur et de sensibilisation afin d’en assurer la cohérence.

4.2. Option 2. Protéger et réhabiliter les terres propices à l’agriculture sur le territoire.

  1. Développer des outils financiers incitant les propriétaires à préserver et à réhabiliter le potentiel des terres jugées les plus propices à l’agriculture.
  2. Étudier la faisabilité de mettre en place une fiducie foncière agricole.
  3. Poursuivre l'ajustement et la mise en application du zonage agricole et des règlements d’urbanisme (municipaux) afin de protéger les terres les plus propices à l’agriculture et celles qui sont actuellement utilisées à cette fin. Assurer  la présence d'un représentant du secteur agricole au sein du comité d'urbanisme.
  4. Réaliser une analyse cartographique afin d’identifier, parmi les terres à fort potentiel agricole et/ou celles aujourd'hui en culture, celles qui sont vulnérables aux pressions anthropiques et naturelles. Puis, réduire ces pressions. 
    1. À cette fin, actualiser au besoin la cartographie des terres actuellement en culture, incluant celles qui ne sont pas protégées par un zonage agricole et celles qui ne sont pas enregistrées au MAPAQ.
    2. Contrer la multiplication des sentiers de véhicules motorisés traversant les terres agricoles.
    3. Limiter l’implantation de nouveaux puits municipaux dans les terres à fort potentiel agricole.
    4. Identifier les terres agricoles vulnérables à l’érosion éolienne et hydrique et favoriser l’implantation de haies brise-vent dans ces secteurs.
    5. Encadrer le décapage des sols au moyen d'une règlementation municipale qui exigerait la production et le respect d'un plan agroenvironnemental de fertilisation (PAEF).

4.3. Option 3. Soutenir le développement d’une agriculture multifonctionnelle, engendrant des bénéfices pour la collectivité locale.

  1. Maintenir et augmenter le soutien direct et les incitatifs financiers en faveur de la multifonctionnalité de l'agriculture. [2] .
  2. Poursuivre les efforts visant la mise en valeur des paysages agricoles.
  3. Évaluer le potentiel de développement de l’agroforesterie pour contrer l'érosion des sols.
  4. Poursuivre les efforts visant à sensibiliser le public aux avantages associés à la consommation de produits alimentaires locaux et les informer à propos des services engendrés par l'activité agricole sur le territoire. 
  5. Diversifier l’offre de denrées alimentaires produites localement afin de soutenir l’effort d’autonomie et d’autosuffisance alimentaire
  6. De façon générale, contribuer à l’élaboration et/ou à la mise en œuvre de politiques, de programmes de soutien et d’outils économiques destinés à encourager les meilleures pratiques agricoles (engrais verts, rotation des cultures, haies brise-vent, culture intercalaires d’arbres, sylvopastoralisme, prairies permanentes, travail réduit ou semis direct, bandes riveraines élargies, maintien des milieux humides, bonne régie des pâturages, etc.)

4.4. Option 4. Agir sur les flux ponctuels et diffus de pollution agricole.

  1. Identifier les terres agricoles situées à proximité des cours d’eau, des puits municipaux et des secteurs coquilliers et évaluer les risques de pollution associés aux pratiques agricoles qui s’y déroulent.
    1. Au besoin, adapter et mettre en oeuvre les règlements, les normes ou les mesures de soutien visant la protection des cours d’eau, des nappes souterraines, des milieux humides et des plans d’eau intérieurs.
  2. Poursuivre les efforts d’adaptation dans le but de minimiser les conflits d’usage associés aux pratiques agricoles.
  3. Poursuivre les efforts visant à limiter et/ou encadrer la production animalière de type intensif sur le territoire.
  4. Poursuivre les efforts visant à encourager l’utilisation de services-conseils en agroenvironnement et les méthodes de culture respectueuses de l’environnement (par l'élaboration et la mise en œuvre de politiques, de programmes, d'outils économiques, etc.).
1.
Aux Îles, le secteur agroalimentaire comprend les acteurs du monde agricole, les transformateurs et les distributeurs.
2.
L'agriculture dite multifonctionnelle contribue par ses fonctions économiques, sociales et environnementales à la qualité de vie de la communauté. Le "programme pilote d'appui à la multifonctionnalité de l'agriculture" du MAPAQ vise à encourager les exploitants agricoles à mettre sur pied des projets qui profiteront autant à leur entreprise qu'à la collectivité locale. Dans ce programme, plusieurs critères ont été identifiés pour évaluer les retombées d'un projet dans le milieu : voir : http://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/md/Programmes/Pages/multifonctionnalite.aspx
retour au haut de la page
 

logo-plan-strategique-d-intervention-en-environnement-sur-le-territoire-des-iles-de-la-madeleine-no-lego-foot

Le Plan stratégique d'intervention en environnement sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine est une réalisation d'Attention FragÎles en concertation avec les acteurs en environnement aux Îles-de-la-Madeleine.