Éléments de stratégie à considérer

D’emblée, on distingue deux niveaux à partir desquels une stratégie et une vision peuvent s’élaborer.

Le premier niveau est celui du territoire.
À cette échelle, un éclairage sur l’ensemble des enjeux est possible. Les liens entre les différents milieux et les opportunités de coopération apparaissent ici clairement. Une vision concertée du territoire peut être élaborée. La stratégie établie à ce niveau offre également un repère sur lequel peuvent s’appuyer les autres programmes, plans ou initiatives qui concernent le territoire et ses ressources.

Le deuxième niveau est celui des thèmes ou des risques environnementaux.
À cette échelle, il est possible de s’approcher jusqu’à l’essence des problèmes et de comprendre finement quelles interventions sont les plus pertinentes pour cheminer vers la vision territoriale. Grâce à leur expérience et à leurs connaissances, les acteurs œuvrant à cette échelle peuvent souvent anticiper l’évolution du milieu, de la ressource ou d’un risque donné. C’est aussi à ce niveau que sont le plus souvent vécues les contradictions émanant d’une gouvernance mal adaptée à la réalité territoriale.

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Nous proposons ci-dessous une série de questions à aborder afin d’élaborer une stratégie et une vision.
Voyez aussi la section mise en oeuvre et suivi pour mieux comprendre comment nous proposons d'aborder ces questions.

1. Éléments de stratégie à considérer au niveau territorial 

1.1. Quels risques environnementaux affectent le plus le territoire ?

L’évaluation de la gravité des impacts, une fois compilée, permet d’identifier les risques dont les impacts potentiels sur le territoire sont les plus importants.

LES DONNÉES ET CALCULS AYANT PERMIS CETTE ANALYSE PEUVENT ÊTRE TÉLÉCHARGÉS ICI.

 

Tableau 1. Risques ordonnés selon leur niveau d’impacts sur les milieux naturels, sociaux et économiques

strategie - tableau-1 risques-selon-impacts 2

1.2. Quels milieux sont les plus vulnérables aux impacts de ces risques ?

Cette même évaluation permet aussi d’identifier les milieux naturels, sociaux et économiques qui sont le plus exposés aux impacts potentiels de ces risques, et donc vulnérables.

LES DONNÉES ET CALCULS AYANT PERMIS CETTE ANALYSE PEUVENT ÊTRE TÉLÉCHARGÉS ICI.

 

Tableau 2. Milieux ordonnés selon leur niveau de vulnérabilité (degré d’exposition aux risques environnementaux).

Tableau 2. Milieux ordonnés selon leur niveau de vulnérabilité (degré d’exposition aux risques environnementaux).

1.3. Comment les risques interagissent-ils entre eux?

Une analyse supplémentaire a été réalisée pour permettre de distinguer les risques qui influencent fortement les autres risques de ceux qui sont plutôt influençables. Le graphe ci-après illustre les résultats de cette analyse.

  • L’axe vertical représente le niveau d’influence des risques : les risques les plus en haut sur le graphe sont ceux qui influencent le plus fortement l’ensemble des autres risques.
  • L’axe horizontal représente le niveau de dépendance des risques : les risques les plus à droite sont ceux qui sont fortement influencés par les autres risques.
  • Ces axes délimitent quatre quadrants ayant chacun leur signification.

Figure : Plan des influences / dépendances directes

  • Groupe A
    Le quadrant en haut à gauche est celui des risques les plus influents et les moins influencés par les autres risques. Les risques dans ce quadrant influencent fortement les autres risques. Ils sont structurants. Toute action solidaire sur eux, réparatrice ou préventive, agira de façon tangible sur les autres risques, en les atténuant, particulièrement ceux des quadrants B et C.
  • Groupe B
    Le quadrant en haut à droite est celui des risques intermédiaires, à la fois influents et influencés par les autres risques. Toute action sur ces risques aura des répercussions sur les autres et un effet retour sur eux-mêmes.
  • Groupe C
    Le quadrant en bas à droite est celui des risques peu influents et très influencés par les autres risques. Il s’agit des risques résultats, qui évoluent généralement en fonction des actions réparatrices effectuées sur les éléments des groupes A et B. On retrouve dans ce groupe le plus grand nombre de risques traités dans le PSIE.
  • Groupe D
    Le quadrant en bas à gauche est celui des risques peu ou pas influents et peu ou pas influencés : les effets de ces risques, même s’ils peuvent être importants, ont peu ou pas d’influence sur l’ensemble des autres risques, et ne sont à leur tour que peu ou pas influencés par ces derniers. Ils constituent parfois des tendances lourdes (grande inertie).

De façon générale, peu de risques se retrouvent en position intermédiaire, dans le quadrant B (seulement trois sur 13). Il y a une dichotomie claire entre les risques influents et les risques résultats, influencés par les autres. Cette configuration signifie qu’on sait quels sont les risques déterminants et structurants sur le territoire.

1.4. Quels sont les liens à considérer entre les risques et les milieux vulnérables?

  • Le tableau 3 présente une synthèse des données d’analyse recueillies sur les risques et les milieux. Il permet de porter un regard sur les interactions entre les risques et les milieux vulnérables. [Disponible pour téléchargement - PDF 60ko]

2014 Tableau-3

1.5. Les autres plans, programmes et politiques mis en œuvre sur le territoire sont-ils cohérents avec le PSIE ?

  • Ce volet invite à comparer les options proposées dans le PSIE à celles proposées par ailleurs dans d’autres plans, programmes ou politiques (PRDIRT, PARE, SADR, Politique cadre de développement touristique, etc.).
  • L’intention de cette lecture critique est de permettre les ajustements stratégiques nécessaires, de part et d’autre, et d’harmoniser les efforts et les investissements déployés à l’échelle du territoire.

1.6. Dans quel ordre doit-on réaliser les options proposées ?

  • D’un thème à l’autre et au sein d’un même thème, certaines options et actions sont liées les unes aux autres, ou auront avantage à être réalisées dans un certain ordre. Au niveau territorial, une attention spéciale à cette question permettrait d’optimiser les complémentarités, de tirer bénéfice des retours d’expérience et d’optimiser les investissements en environnement.

1.7. Quelle attitude adopter face à l’avenir ?

  • Face à une configuration territoriale complexe et imprévisible, la réflexion stratégique dépend de l’attitude choisie face à l’avenir. Comme il n’y a pas de statistiques du futur, l’évolution des problématiques peut se concevoir généralement au travers d’un certain nombre de scénarios. À chaque type de scénario correspond un type de stratégie, comme indiqué ci-après. Un positionnement à cet égard est important pour parvenir à l’adéquation optimale de la réponse à donner. Certaines options d’intervention suggèrent des actions en mode réactif, préventif ou proactif. Il s’agit maintenant de voir pour chaque défi à relever quel mode on veut privilégier.

Attitudes face à l’avenir

Types de scénarios privilégiés

Stratégies privilégiées

Passive
(autruche)

Pas de scénario

Accepter de subir au jour le jour les événements sans agir.

Réactive
(pompier)

Pas de scénario

Stratégie adaptative : Réagir aux problèmes actuels en mettant en œuvre les solutions les plus urgentes et accepter de s’adapter au cas par cas dans le futur selon l’occurrence des événements et les moyens dont on dispose.

Préventif
(assureur)

Scénarios exploratoires

Il s’agit de prévoir l’évolution des milieux.

Stratégie préventive : Analyser et identifier les scénarios à prendre en charge et ceux contre lesquels il faut se prémunir. Mettre en œuvre les actions préventives: réglementation, assurances, actions structurelles, etc.

Proactive (conspirateur)

Scénarios anticipatifs

Il s’agit de construire l’image future souhaitable.

Stratégie volontariste : Mettre en œuvre les actions correctrices à moyen et long terme pour faire infléchir les tendances et pour minimiser les risques les plus probables et identifier les risques moins probables, mais néanmoins importants en raison des ruptures et des impacts majeurs qu’ils peuvent engendrer.

2. Éléments de stratégie à considérer à l’échelle des risques et des milieux  

  • Lorsqu'il sera temps de choisir les gestes à poser en priorité pour chacun des risques identifiés, nous proposons aux porteurs de projets et aux spécialistes une série de questions à aborder ensemble. De ce travail, les acteurs pourront dégager une stratégie comprenant les engagements des porteurs, les sources de financement et le calendrier de réalisation. Cet alignement devrait être arrimé à la stratégie globale du territoire.

2.1. Éventail de questions utiles à la réflexion stratégique

  • Que prévoit la stratégie globale sur le territoire par rapport à ce risque ou milieu?
  • Quelles sont nos capacités actuelles d’agir (considérant : financements disponibles, porteurs de projet identifiés, cadre juridique habilitant, niveau de connaissance, etc.)? Existe-t-il des avenues pour renforcer nos capacités d’action?
  • Est-ce que les aspects de gouvernance ont été clarifiés? Quelles instances sont interpellées et quelles sont leurs responsabilités respectives?
  • Est-ce que ce risque est influent ou influencé par les autres risques? (voir le point 1.3 ci-dessus)
  • Est-ce que les impacts de ce risque peuvent affecter des milieux déjà vulnérables (dont l’indice d’exposition aux autres risques est élevé)? Quels sont-ils? Est-ce que des options ont été formulées ailleurs pour les renforcer, augmenter leur résilience (capacité d'adaptation)? (voir au point 1.4 ci-dessus, dans le tableau 3, les trois dernières colonnes)
  • Est-ce que certaines des options proposées sont transversales (agissent sur plusieurs risques ou milieux en même temps)?
  • Les incertitudes sont-elles faibles ou élevées par rapport à l’évolution de ce risque? Quelle est sa probabilité d’occurrence? Sa tendance? Est-il souhaitable d’agir de façon urgente, préventive ou proactive?
  • Est-ce que certaines actions sont contingentes? Doivent-elles être réalisées dans un certain ordre pour être efficaces?
  • Est-ce qu'une analyse cartographique permettrait de mieux cibler les espaces où il faudrait agir en priorité? Une telle analyse devrait-elle être réalisée avant de s'attabler à l'élaboration d'une stratégie d'action?
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Le Plan stratégique d'intervention en environnement sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine est une réalisation d'Attention FragÎles en concertation avec les acteurs en environnement aux Îles-de-la-Madeleine.