Orientations

Dix grandes orientations ont été élaborées pour permettre le renforcement des capacités d'action et pour intégrer le secteur de l'environnement au cœur des décisions sur le développement du territoire. Nous avons cherché à identifier les leviers qui pouvaient permettre de fonder l'action environnementale sur une stratégie à la fois légitime, ancrée dans le présent et enrichie des réflexions et volontés de la collectivité territoriale.

1. Se doter d’une vision cohérente et stratégique de l’environnement, à l’échelle du territoire

Repenser le territoire avec les yeux de demain. Conduire le changement, et non le subir. Donner du sens (direction et signification) à nos actions. Enrichir notre regard en soutenant la culture du débat et de l’anticipation au sein de la collectivité territoriale.

Cette orientation vise la mise en œuvre progressive du Plan stratégique d’intervention en environnement, son appropriation et sa mise à jour constante. Aujourd'hui, les conditions biophysiques, économiques, socio-culturelles et politiques évoluent très rapidement et sont difficiles à anticiper. Dans ce contexte, il n’est plus possible d’agir au fil de l’eau, en pompier, sans y perdre beaucoup d’énergie.

2. Rechercher le juste niveau d’autonomie décisionnelle

Les options d’intervention formulées dans cet ouvrage suggèrent très clairement la nécessité d’une décentralisation effective et de qualité pour l’archipel. Le niveau de décentralisation recherché signifie ici tout, sauf une opération de régionalisation, de déconcentration, de relocalisation administrative des politiques, des bureaux des ministères ou même de délégation des responsabilités mal accompagnée. Elle serait plutôt un réaménagement global des lieux de décision vers ce territoire insulaire et vulnérable, donc vers ses représentants imputables. Ce réaménagement s’accompagnerait évidemment des dispositifs financiers et humains soutenant sa faisabilité.

3. Optimiser les efforts et les investissements en environnement

Faire plus avec moins. Soutenir la coopération entre les organisations. Privilégier les actions-leviers qui influencent positivement les milieux naturels, sociaux et économiques.

Le territoire est un espace de complexité. Le maillage entre les différents milieux naturels est tricoté serré. Les leviers d’action agissent les uns sur les autres : on agit tantôt ici, et ailleurs on constate des effets inattendus, parfois intéressants ou non. Ce constat suggère qu’à l’avenir il y a nécessité d’une plus grande coordination des décisions à l’échelle du territoire. Cette coordination est essentielle si l’on veut s’engager dans la voie des stratégies proactives.

4. Mettre en place un dispositif de financement des dépenses en environnement

La poursuite de l’effort de dépense publique pour l’environnement doit pouvoir être soutenue par la génération de recettes. Ces recettes peuvent être liées à la mise en œuvre d’instruments économiques appropriés aux Îles pour la  gestion de l’environnement. Ces recettes sont envisageables à la fois de manière directe (revenus quasi-fiscaux) et indirecte (génération de dépenses privées). L’exploitation judicieuse des fonds existants peut compléter la démarche de mise en place du dispositif de financement par ces instruments économiques.

5. Promouvoir l’économie du savoir environnemental et de l’emploi en environnement

Les liens utiles à développer et à maintenir avec les centres collégiaux de formation et les centres universitaires de recherche de la région permettraient d’accompagner adéquatement la mise en œuvre des options stratégiques, de favoriser l’innovation quant aux solutions particulières à implanter aux Îles et de stimuler les compétences et les expertises locales. Le territoire constitue un espace de recherche unique au Québec pour étudier les enjeux environnementaux et les dynamiques de gouvernance qui y sont associées. Un intérêt particulier pour les géosciences côtières, les enjeux énergétiques, l’adaptation aux changements climatiques et la dynamique des nappes souterraines a été noté au fil de la démarche. Le développement des compétences en géomatique semble particulièrement prometteur pour le présent exercice.

6. Innover par la géomatique au service de la représentation des dynamiques spatiales

Cette orientation vise à utiliser le potentiel de la géomatique dans la prise de décisions sur le territoire. La science de la géomatique va au-delà de la représentation d’un espace sur une carte ; elle permet l’analyse des données géographiques du territoire et l’étude des dynamiques spatiales complexes qui conditionnent son évolution. Elle pourra par ailleurs, en fournissant des images, alimenter l’esprit critique et le débat public, tous deux nécessaires pour faire progresser la réflexion sur l’avenir du territoire.

7. Rechercher la légitimité de l’action environnementale. Appuyer les choix sur un processus démocratique. Communiquer le plan stratégique à la population.

Mettre en place des mécanismes de participation et de concertation. Agir avec les utilisateurs, les associations, les entreprises et même l’ensemble de la population.
Poursuivre les efforts de communication et de mobilisation afin que les citoyens soient des parties prenantes de l’action environnementale sur le territoire.

8. Procéder à l’évaluation économique des avantages et des coûts de l’action en environnement

La nature et l’étendue des problèmes environnementaux peuvent être transcrites en valeur monétaire moyennant une évaluation économique des impacts des dégradations. Un sol, une forêt, l’air, l’eau sont autant d’actifs naturels qui fournissent des biens et services ayant une valeur économique de fait : une fois ces actifs amoindris ou détruits, cette valeur est perdue. Les options ou interventions ayant à leur tour un coût réel, une analyse des coûts et des avantages peut être établie. Les dommages évités ou atténués grâce aux projets retenus donnent l’ordre de grandeur des bénéfices obtenus.

9. Optimiser les mécanismes de gouvernance. Rechercher la cohérence des lois, réglementations et incitatifs entre les différents paliers.

Clarifier les aspects de gouvernance afin d'offrir aux acteurs un cadre juridique et incitatif approprié pour l’action environnementale. Veiller à ce que les politiques, règles, normes et incitatifs déployés ne se contredisent pas, ou de moins en moins. Cette recherche constante de cohérence facilitera grandement le travail sur le terrain.

10. Poursuivre l’élan vers le développement durable

Intégrer graduellement le PSIE vers le développement durable en visant le renforcement et l’ajustement graduel des opportunités et options de nature sociale et économique.

> Voir le diaporama préparé par Rachid Baïou lors de la présentation finale du PSIE, le 22 février 2012 (PDF, 300 ko).
Il y présente des voies intéressantes pour cette intégration vers le développement durable.


En résumé, se donner le temps et la perspective de se poser les questions essentielles :

  • Qui sommes-nous? Quelles sont nos forces, nos lieux d’excellence, nos limites; quels rôles avons-nous dans la région?
  • Que va-t-il advenir?
  • Que pouvons-nous faire?
  • Qu’allons-nous faire?
  • Comment allons-nous le faire?
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Le Plan stratégique d'intervention en environnement sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine est une réalisation d'Attention FragÎles en concertation avec les acteurs en environnement aux Îles-de-la-Madeleine.