Air - Profil complet du milieu

  • L'air est un terme commun pour l'atmosphère, la couche gazeuse qui enveloppe la Terre, composée d'azote (78 %), d'oxygène (21 %), d’argon (0,9 %), de dioxyde de carbone (0,039 %) et de traces d'autres gaz.
  • L'atmosphère est un système complexe. Évidemment, son rôle est primordial dans la régulation du climat et dans celle des cycles biogéochimiques de l’oxygène, du carbone, de l’azote, notamment. L’air permet entre autres la respiration des êtres vivants, la combustion, fournit l’azote, un nutriment essentiel à la vie, et la couche d’ozone, qui filtre les rayons ultraviolets du soleil.
  • Il n’y a pas de programme de surveillance de la qualité de l’air aux Îles-de-la-Madeleine, ni d’inventaire des émissions atmosphériques ou de portrait de la qualité de l’air.
  • Certaines analyses sont réalisées de façon sporadique, à la suite de plaintes et de suivis auprès des industries soupçonnées d’émettre des polluants atmosphériques. Pour les consulter, des demandes d’accès à l’information doivent être formulées et transmises au MDDEP [1]

1. Pressions sur l’atmosphère

  • La pollution de l'air modifie la composition chimique de l’atmosphère. Les polluants qui s’y retrouvent peuvent altérer la fonction régulatrice de l’atmosphère, causant par exemple un dérèglement du climat, ou s’avérer toxiques pour l’humain ou l’environnement.
  • Ci-dessous, les sources de pollution de l’air qui ont pu être énumérées par les intervenants du milieu [2].

Secteur

Sources potentielles de pollution de l’air

Transports

Général

Composés organiques volatils (COV)

Oxydes d'azote (NOx)

Matières particulaires

Monoxyde de carbone (CO)

Oxydes de soufre (SOx).

NOx et COV forment de l'ozone troposphérique (au niveau du sol), un irritant des voies respiratoires.

CO et NOx sont des gaz à effet de serre (GES)

12000 véhicules immatriculés aux Îles, incluant les véhicules hors routes.

Le territoire est étendu et les services concentrés sur l’île principale.

55 000 visiteurs en saison estivale, dont la plupart circulent en voiture ou camion, à l’exception des croisières et des voyages d’autobus.

Particuliers

(voitures et VHR)

Malgré une diminution de la population entre 2000 et 2003, on note une augmentation du parc automobile de 12,4 %, toutes catégories confondues. Au cours de la même période, on note une augmentation de 26 % du nombre de véhicules tout-terrain et de 21 % du nombre de motoneiges.

Sur la route 199 (provinciale), 2500 véhicules/jour en moyenne sur une base annuelle.

Très peu de covoiturage, et aucun service officiel de promotion du covoiturage en place. Service de transports en commun nouvellement en place (RéGÎM), et encore peu utilisé.

Marchandises

Sur la route provinciale, les véhicules lourds ne comptent que pour 3 % du flux total. Il semble que les camions soient très âgés, en particulier ceux qui transportent la pierre.

Flotte maritime

En 2008, la flotte qui accoste sur le territoire est constituée d’environ 1200 navires [3] (incluant les bateaux de pêche, de plaisance, la flotte commerciale, le traversier et les croisières).

L’utilisation de peintures antisalissures (COV).

Transport aérien

Faible trafic localement.

Résidences

Habitations

GES, pesticides, COV, particules fines, NOx, et autres non spécifiés

Utilisation d’énergie électrique (corrélée aux émissions de la centrale thermique), chaudières au mazout, foyers au bois.

Utilisation de petite machinerie : tondeuses, souffleuses, etc.[4]

Utilisation de pesticides ou d’engrais pour entretenir les parterres.

Utilisation d’aérosols, de peintures, etc.

Industries

Sources potentielles de pollution de l'airSources potentielles de pollution de l'air_aSources potentielles de pollution de l'air_b

Centrales thermiques

(Cap-aux-Meules et Île-d’Entrée)

Oxydes d'azote (NOx), dioxyde de soufre(SO2), particules, mercure, dioxyde de carbone (CO2) + faible quantité de métaux toxiques.

La centrale thermique utilise en moyenne 40 millions de litres de mazout par année.

Puissance totale de 67,2 MW (plus grosse centrale thermique au Québec), et de 1,2 MW à l’Île-d’Entrée.

Située à proximité de zones résidentielles : odeur de pétrole ressentie par la population.

Les principaux problèmes environnementaux liés à ces polluants : pluies acides, substances toxiques et changement climatique.

Les émissions de GES sont évaluées à 126440 tonnes de CO2 équivalent. [5]

Usine de béton bitumineux

Particules, poussières, HAP, et autres non spécifiés

Située à proximité de zones résidentielles : forte odeur de bitume ressentie par les citoyens des zones voisines.

CGMR et autres sites de dépôt

Compostage : méthane (CH4) et N2O. Camionnage et moteurs : poussières, particules, CO, CO2, etc.

Odeurs dues à la fermentation à l’air libre et à la nature des déchets organiques, parfois ressenties par la population selon la direction du vent.

Traitement des eaux usées

Méthane (CH4) et N2O

 

Carrières/sablières

Poussières

Nuisances pour la population lorsque situées à proximité de zones résidentielles.

Transformation de produits marins

Non spécifié

Odeurs ressenties par la population.

Mines Seleine
Extraction de sel

GES + autres non spécifiés

Utilisation importante d’énergie électrique (indirectement liée aux émissions de la centrale thermique)

Agriculture

Élevage

Oxydes d’azote

Méthane

Les 3 principales entreprises agricoles avec charge d’odeur ont grandement amélioré leurs installations de gestion des fumiers : mise en place de toitures sur les lieux d’entreposage, de traitement par compostage et implantation de brise-vents. Aucune de gestion liquide des fumiers ce qui réduit considérablement les risques d’émission d’odeurs.

Cultures

Dioxyde de carbone, particules fines, pesticides.

Risques limités pollution de l’air par les pesticides étant donné leur utilisation limitée et bien contrôlée sur le territoire. Émissions de la machinerie liée au travail des sols sont aussi faibles. Les bonnes pratiques agricoles améliorent la capacité des sols à agir comme puits de carbone (effet positif sur la qualité de l’air [6]).

Sources éloignées

Pluies acides, et sources distantes

Plomb, mercure, BPC, HAP, dioxines et furannes

Localement, les concentrations de polluants de sources éloignées étaient jugées très faibles en 1998 [7].

Sources naturelles

Milieux humides

Méthane (CH4) et N2O

En particulier lorsque les milieux humides sont mal drainés. Odeurs ressenties par la population.

Autres types de nuisances évoqués

Lampadaires

Pollution lumineuse

Les Îles sont identifiables sur la carte de l’Amérique du Nord du portrait de la pollution lumineuse.

Électromagnétique

Pollution électromagnétique

Ondes de plus en plus présentes dans l’environnement (cellulaires, appareils électriques, wifi, etc.)

Destruction de la couche d’ozone

Rayons ultraviolets

Plus élevé dû à la destruction de la couche d’ozone

Carrières, usines

Bruits

Plaintes liées aux carrières/sablières et à l’usine de béton bitumineux vu la proximité des habitations.

2. Aspects globaux à considérer

  • La pollution de l’air est un processus dont les effets se manifestent surtout à l’échelle globale. Additionnées les unes aux autres, les émissions de polluants entraînent un déséquilibre important dans la concentration relative des gaz qui composent l’atmosphère.
  • Nous comprenons de mieux en mieux comment ces dérèglements affectent les fonctions régulatrices de l’atmosphère. Ils sont notamment à la source des phénomènes globaux décrits ci-dessous :
    • Changements climatiques : un consensus scientifique a reconnu comme cause principale des changements climatiques l’augmentation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère tels que le dioxyde de carbone (CO2), les chlorofluorocarbures (CFC), le méthane (CH4), l’ozone (O3) et l’oxyde d’azote (N2O) [8].
    • Acidification : la pollution de l’air entraîne à l’échelle globale un phénomène d’acidification des sols, des océans et de l’atmosphère, dont les conséquences sont multiples sur les écosystèmes. L’augmentation de l’acidité de l’air est principalement due aux émissions de dioxyde de soufre (SO2), d’oxydes d’azote (NOx) et d’acide chlorhydrique (HCl).

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1.
Entretien avec Solange Renaud, MDDEP (2010). Toutes les données sont tirées de : MTQ, Stratégie québécoise sur les changements climatiques (2003).
2.
Table sectorielle du 8 décembre 2010, dans le cadre du PSIE-1.
3.
Selon l’étude de Landry et Nadeau, Mise en place du plan d’action sur les espèces envahissantes aquatiques aux Îles-de-la-Madeleine (2009).
4.
Selon Environnement Canada, ces véhicules agissent pour près de 9% des GES du Canada et 5% des COV. (http://www.ec.gc.ca/air/default.asp?lang=Fr&;n=8FB21813-1, page consultée le 04/03/12)
5.
Table sectorielle du 8 décembre 2011, dans le cadre du PSIE-1
6.
Agriculture et Agroalimentaire Canada, Pratiques de gestion bénéfiques pour l’air [en ligne] http://www4.agr.gc.ca/AAFC-AAC/display-afficher.do?id=1186579223283&lang=fra (page consultée le 14/02/12)
7.
Gagnon (1998).
8.
GIEC (2007)
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Le Plan stratégique d'intervention en environnement sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine est une réalisation d'Attention FragÎles en concertation avec les acteurs en environnement aux Îles-de-la-Madeleine.