Plan stratégique d'intervention en environnement sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine

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Milieux aquatiques - Profil complet du milieu

Comprend la zone côtière marine, les plans d’eau intérieurs et les cours d’eau.

1.1. Zone côtière maritime

  • Les îles de la Madeleine sont localisées au centre du plateau madelinien, une vaste plateforme littorale couvrant la partie sud du golfe du Saint-Laurent et délimitée au nord par le chenal Laurentien. La plateforme, d’une profondeur moyenne de 60 m, est peu accidentée avec des bancs et des fosses allongées qui rejoignent le chenal Laurentien [1]. L’archipel émerge sur les hauts-fonds des îles de la Madeleine, une zone dont la profondeur varie entre 10 et 50 m, et où l’on trouve les principaux fonds de pêche du territoire.
    LocalisationBathymétrie
  • Les eaux côtières sont très exposées aux vents dominants du sud-ouest et du nord-ouest ainsi qu’à la houle océanique qui pénètre dans le golfe par le détroit de Cabot. L’amplitude moyenne des marées y est la plus faible du Saint-Laurent (0,6-0,7 m) [2]. Entre la mi-janvier et la fin mars, des glaces en provenance du Saint-Laurent, de la mer du Labrador ou formées sur place recouvrent généralement la surface du golfe et des plans d’eau intérieurs.
  • Ces facteurs conditionnent en partie les rouages de la vie sous l’eau. Ci-dessous, nous présentons un aperçu des principaux habitats aquatiques entourant l’archipel.
1.1.1. Habitats marins benthiques
  • Les habitats benthiques sont les habitats des organismes qui vivent sur le fond, par opposition aux habitats pélagiques, des organismes qui vivent dans la colonne d’eau. Gagnon (1998) subdivise le milieu marin benthique en cinq étages, en fonction des marées et de la répartition des masses d’eau dans le golfe.
  • 1. L’habitat bathyal (200 à 400 m de profondeur), constitué par le talus et le fond du chenal Laurentien : on y trouve notamment la merluche blanche, la plie canadienne, le flétan du Groenland, le sébaste Atlantique et le crabe épineux. Plusieurs espèces de poissons de fond y migrent en hiver.
  • 2. L’habitat circalittoral (30 à 200 m de profondeur), où la pénétration de la lumière est trop faible pour permettre la photosynthèse : on y observe des prédateurs et des animaux se nourrissant de particules organiques déposées sur les fonds, notamment le crabe des neiges, la morue franche, le flétan Atlantique et d’autres poissons de fond.
  • 3. L’habitat infralittoral et 4. l’habitat médiolittoral, (moins de 30 m de profondeur jusqu’à la ligne des hautes eaux), où la lumière pénètre aisément. La dynamique sédimentaire y est généralement très active. Ces zones sont dominées par les bivalves, les gastéropodes, les crustacés, les polychètes (vers marins) et les échinodermes (mollusques à peaux épineuses). En 1979, 80 espèces d’algues marines ont été recensées dans cette zone [3].
    • Le long des plages et dans les zones découvertes à marée basse, la plupart des fonds sableux ou vaseux abritent des mollusques bivalves tels le couteau de mer, la mactre de l’Atlantique (palourde) et la mye commune (coque).
    • Le niveau supérieur des habitats infralittoraux, entre 0 et 12 m de profondeur, est par endroits occupé par des herbiers de laminaires. Les espèces caractéristiques vivant sur ces fonds sont les oursins, les anémones, le crabe commun, la moule bleue, les buccins, le concombre de mer, le homard d’Amérique et parmi les poissons, la limande à queue jaune, la plie rouge, le turbot de sable, le tanche-tautogue, le tautogue noir, la raie tachetée et les chaboisseaux.
    • Sur les fonds graveleux entre 15 et 35 m de profondeur, principalement dans la partie sud de l’archipel, on retrouve des bancs de pétoncle géant et de pétoncle d’Islande.
    • Le homard d’Amérique est abondant, au large de toutes les côtes et dans une moindre mesure, dans les lagunes, généralement à des profondeurs inférieures à 30 m. Il migre vers des eaux moins profondes et plus chaudes au printemps, puis vers des eaux plus profondes et moins turbulentes à l’automne. Les homards des premiers stades se distribuent en majeure partie à moins de 10 m de profondeur, sur des fonds de graviers et de galets, ou associés aux lits d’algues et de moules [4]. La baie de Plaisance abrite d’importantes pouponnières de homards.
  • 5. L’habitat supralittoral (au-dessus de la ligne des marées hautes), comprend les petites îles, les récifs, les cordons et les flèches de sable. D’abondantes colonies d’oiseaux marins y nichent, en particulier sur les récifs et les falaises : près de 100 000 oiseaux marins y ont été recensés en 2009, dont 17 espèces nicheuses parmi lesquelles plusieurs avaient un statut précaire [5]. Par ailleurs, entre 25 000 et 75 000 oiseaux migrateurs fréquentent les dunes et les îlots sablonneux [6]. Enfin, 14 zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) ont été identifiées sur le territoire, toutes situées sur le littoral sablonneux ou sur les îlots [7].
1.1.2. Habitats marins pélagiques [8]
  • La toile alimentaire de ces habitats est basée sur la présence de bactéries marines et d’algues microscopiques en suspension (phytoplancton), qui tirent leur énergie du soleil et des nutriments présents dans l’eau. Vient ensuite le plancton [9] animal (zooplancton), qui regroupe les protozoaires et les copépodes (petits crustacés), ainsi qu’une grande variété de larves et de juvéniles de crustacés (crabe, homard, etc.), de mollusques (pétoncle, moule, etc.) et de poissons.
  • Plusieurs espèces de poissons exploitées commercialement utilisent le milieu pélagique pour se reproduire (morue, maquereau), pour le développement des larves et des juvéniles (morue, maquereau, hareng, sébaste) et pour l’alimentation des adultes (hareng, maquereau, éperlan, capelan). Les principaux poissons pélagiques du banc madelinien sont le hareng atlantique et le maquereau bleu. Deux espèces de requins, l’aiguillat commun et le maraîche y circulent sporadiquement, tandis qu’une douzaine d’espèces de mammifères marins fréquente le territoire de façon régulière : les grands rorquals et les cachalots ne s’approchent qu’exceptionnellement des Îles, mais le marsouin commun, le dauphin à flancs blancs, le globicéphale noir de l’Atlantique et le petit rorqual sont des visiteurs occasionnels. Le phoque gris, le phoque commun, le phoque à capuchon et le phoque du Groenland séjournent aussi dans les eaux du territoire et y mettent bas. Le troupeau de phoque du Groenland, qui fait l’objet d’une chasse, est aujourd’hui estimé à près de 7 millions d’individus [10].

1.2. Plans d’eau intérieurs

  • En plus de la mer qui l’entoure, l’archipel compte cinq vastes plans d’eau intérieurs qui s’étendent sur plus de 118 km2 : le bassin aux Huîtres, la lagune de la Grande Entrée, la lagune du Havre aux Maisons, la baie du Havre aux Basques et la baie du Bassin.
    Plans d'eau intérieurs
  • Ils forment des masses d’eau enserrées par d’étroites dunes de sable appelées tombolos, et sont souvent bordés de milieux humides. Ils communiquent avec le golfe par un ou plusieurs passages étroits : les goulets ou les passes.
  • Leurs caractéristiques écologiques sont particulières [11] :
    • Leur profondeur est relativement faible (souvent inférieure à 2 ou 3 m), ce qui permet une élévation rapide de la température de l’eau en été (d’environ -1 °C en hiver jusqu’à 20 à 25 °C).
    • Vu les échanges réguliers qu’ils maintiennent avec la mer, leur salinité est généralement comparable à celle des eaux de surface du golfe, sauf exception dans le bassin aux Huîtres et la baie du Havre aux Basques, qui sont généralement plus isolés.
    • Les sédiments de surface en eau moins profonde sont généralement composés de sables moyens alors que les secteurs les plus profonds sont caractérisés par des sables vaseux fins. Dans les zones les plus abritées, on trouve aussi des substrats de vase sableuse [12].
    • Étant donné leur faible profondeur, les plans d’eau sont fortement exposés aux vents qui assurent un brassage permanent des masses d’eau, ayant pour conséquence une homogénéité verticale de la colonne d’eau [13].
  • Les habitats benthiques des plans d’eau abritent une faune invertébrée dominée par les vers marins, les mollusques bivalves et les gastéropodes. Dans les zones moins exposées, les vases sableuses abritent des bancs de mye commune, de mactre de l’Atlantique et de couteau de mer.
  • Les poissons sont dominés par des espèces de petite taille : épinoches, choquemort et capucette. Les lagunes sont également fréquentées par le homard, le hareng (qui y fraye), la plie rouge, les chaboisseaux et de façon plus irrégulière, par le maquereau. Parmi les poissons diadromes, on retrouve l’éperlan arc-en-ciel et l’anguille d’Amérique, tous deux faisant l’objet d’une pêche récréative [14].
  • Une cinquantaine d’espèces d’algues marines ont été recensées dans les lagunes de Grande-Entrée et de Havre-aux-Maisons, contre sept dans la baie du Havre-aux-Basques [15].
  • Les lagunes favorisent en outre le développement d’herbacées salées, de marais de spartine alterniflore et d’herbiers de zostère marine. Les herbiers de zostère occupent des substrats sableux où la lumière du jour pénètre bien. Ils sont présents dans tous les plans d’eau intérieurs de l’archipel, ainsi que dans la baie de Plaisance [16]. Ces derniers jouent un rôle crucial dans la chaîne alimentaire, faisant notamment office de pouponnière – en abritant les œufs, les larves et les juvéniles d’un grand nombre d’espèces – et retenant une abondance d’éléments nutritifs qui permettent aux micro-organismes à la base de la chaîne alimentaire de s’y reproduire rapidement.

1.3. Cours d’eau

  • Le réseau hydrographique d’eau douce est relativement restreint. Il est formé d’une centaine de ruisseaux – dont plusieurs sont intermittents – se déversant dans les plans d’eau intérieurs, dans les milieux humides ou dans le golfe.
  • Plusieurs travaux de caractérisation des ruisseaux ont été menés en vue d’évaluer leur potentiel pour la reproduction de l’éperlan arc-en-ciel, une espèce anadrome qui les remonte depuis les milieux salés ou saumâtres pour frayer en eau douce. Si les anciens témoignaient d’une abondance d’habitats avant les années 1970, il semble qu’une quinzaine de ruisseaux seulement soient aujourd’hui favorables au frai de l’éperlan [17]. Des projets ont été menés et sont en cours pour réhabiliter ce potentiel [18].

2. Biens et services générés par les écosystèmes aquatiques

  • Les écosystèmes marins supportent par leurs fonctions une multitude de biens et services indispensables au bien-être des humains. Les masses d’eau modèrent le climat, emmagasinent le carbone atmosphérique, recyclent l’oxygène, épurent l’eau et régulent les cycles d’éléments nutritifs à la base de la toile alimentaire. Comme on l’a vu ci-dessus, ils procurent des habitats indispensables à une grande diversité faunique et floristique. De façon directe, ils supportent presque entièrement l’économie locale fondée sur la pêche et le tourisme. Vu leur importance pour le territoire, ces biens et services sont détaillés ci-dessous.

2.1. Pêche de capture

  • En 2009 aux Îles, les débarquements de produits marins s’élevaient à plus de 5000 tonnes pour une valeur de près de 30 M$. Cela représentait 32 % des débarquements totaux du Québec en valeur [19]. Le homard était l’espèce dominante (49 % en quantité, 76 % en valeur), suivie par le crabe des neiges (34 % en quantité, 19 % en valeur), le pétoncle, les poissons de fond (plie rouge, sébaste, plie canadienne, morue franche, flétan atlantique, plie grise, flétan du Groenland, merluche blanche et autres) et les poissons pélagiques (hareng et autres) [20].
  • En 2004, la chasse au phoque du Groenland générait plus de 1 M$ de revenus (31000 phoques débarqués). Les captures varient toutefois considérablement d’une année à l’autre (5000 à 35000 phoques), en fonction notamment des conditions de glace [21]. En 2005, 930 permis avaient été délivrés pour cette chasse aux Îles-de-la-Madeleine [22].
  • En 2008, on dénombrait 384 entreprises de pêche, parmi lesquelles 325 avaient le homard comme principale espèce débarquée, 40, le crabe des neiges et 8, le poisson de fond [23]. En 20 ans, entre 1985 et 2005, le nombre de pêcheurs actifs a diminué de près de 15 % sur l’archipel, tandis que le nombre de permis par pêcheur augmentait toutefois.
  • Les débarquements de pêche commerciale sont effectués dans neuf ports sur le territoire, dont les plus importants en termes de valeur sont ceux de Grande-Entrée et de Cap-aux-Meules [24].
  • En 2001, le secteur de la pêche occupait environ 1800 personnes, soit 30 % de la population active. Parmi eux, 1020 œuvraient dans le secteur de la capture et 780 dans le secteur secondaire [25]. En 2007, la production des 14 entreprises de transformation de produits marins se chiffrait à 72,1 M$, soit 28,3 % du total des secteurs maritimes du Québec [26]. Depuis 1987, la part des poissons de fond dans la valeur totale des ventes de produits marins a fortement diminué, passant de 52 % à 5 % en 2005. Cette diminution a toutefois été en grande partie compensée par les ventes de homard qui ont augmenté de plus 30 % entre 1990 et 2005 [27].

2.2. Mariculture

  • Les expériences maricoles aux Îles-de-la-Madeleine datent de 1984 et se limitent à la culture de mollusques bibalves [28]. Le secteur s’est développé progressivement à partir de la fin des années 1990. Entre 2000 et 2005, les ventes ont connu une croissance annuelle de 31 % en tonnage et de 52 % en valeur. En 2005, 532 tonnes étaient vendues, pour un total de 1,66 M$ [29].
  • Cinq entreprises sont aujourd’hui titulaires d’un bail aquacole dans les lagunes de Havre-aux-Maisons et de Grande-Entrée, dans la baie du Bassin et dans la baie de Plaisance. En 2011, ces baux s’étendaient sur 1932 hectares [30].
  • Moule bleue : les sites de myticulture autorisés sont situés dans la baie du Bassin, dans la baie de Plaisance et dans les lagunes du Havre aux Maisons et de la Grande Entrée. Une partie des surfaces sont destinées au captage de naissain et l’élevage est réalisé sur des filières flottantes immergées [31].
  • Pétoncle géant : les sites de captage et d’élevage autorisés sont situés dans la baie de Plaisance et dans les lagunes du Havre aux Maisons et de la Grande Entrée [32]. Entre 1990 et 2000, 29 millions de pétoncles ont été ensemencés au large des Îles-de-la-Madeleine. Une première pêche de pétoncles ensemencés a été réalisée en 2001, avec une récolte de 135 tonnes [33]. Depuis 2006 toutefois, cette pêche s’est effondrée et le naissain est destiné à l’exportation [34].
  • Mye commune : une entreprise développe la myiculture sur le territoire ; elle dispose de deux sites dans la lagune du Havre aux Maisons, pour le captage et l’ensemencement de myes [35].
  • Huître américaine : Enfin, des efforts d’ostreiculture commencent dans la baie de Plaisance et dans la lagune du Havre aux Maisons [36]. À des fins non commerciales, un effort de régénération du stock d’huîtres est aussi réalisé depuis quelques années dans le bassin aux Huîtres [37].

2.3. Chasse et pêche récréatives

  • La cueillette de mollusques est une activité traditionnelle grandement appréciée sur le territoire. On compte actuellement 48 secteurs coquilliers. Les principales espèces pêchées sont la mye commune (coque), la mactre de l’Atlantique (palourde), la moule bleue et le couteau de mer. Parmi les poissons, l’éperlan arc-en-ciel [38], le poulamon Atlantique, l’anguille d’Amérique et le maquereau bleu sont les principales espèces pêchées. La chasse à la sauvagine est aussi populaire aux abords des plans d’eau intérieurs et dans la Pointe-de-l’Est.

2.4. Tourisme et navigation de plaisance

  • La mer et les vastes plans d’eau intérieurs sont au cœur de l’offre touristique de l’archipel, un secteur essentiel à l’économie locale (2e en importance après le secteur des pêches). Environ 55 000 visiteurs choisissent la destination chaque année. Croisières, baignade, sports de voile, excursions en mer, routes panoramiques, ornithologie, pêche récréative et plongée reposent tous sur la qualité des milieux aquatiques.
  • En 2008, plus de 1200 navires de toutes les catégories ont navigué dans les eaux de l’archipel. Le secteur de la plaisance représentait 55 % de cette flotte, incluant les plaisanciers locaux et visiteurs, les croisiéristes, les utilisateurs des rampes de mise à l’eau et les excursionnistes. S’y ajoutait toute la flottille des sept entreprises d’excursion proposant des sorties en mer [39].

2.5. Valeur culturelle et valeur d’option

  • Les services énumérés ci-dessus offrent des avantages que l’on peut évaluer en mesurant la valeur de leur utilisation, tels les avantages économiques nets de la pêche, l’approvisionnement en vivres, la sécurité alimentaire et le tourisme. D’autres valeurs non liées à l’exploitation des ressources apparaissent aussi clairement, tels les avantages culturels (identitaires, artistiques, esthétiques, existentiels) et la valeur de l'option, qui mesure les éventuels avantages que peuvent procurer des écosystèmes sains pour les générations à venir [40].

3. Vulnérabilité des milieux aquatiques

  • La vulnérabilité d’un écosystème est le résultat de l’interaction entre son exposition, sa sensibilité et sa capacité d’adaptation aux aléas ou aux pressions qu’il subit. Pour l’évaluer, une bonne compréhension du fonctionnement de l’écosystème, de la structure des réseaux trophiques et des interactions entre les éléments vivants et non-vivants est requise.
  • À partir des écrits disponibles, nous n’avons pas pu dégager un portrait synthétique ou une vue d’ensemble de l’état actuel ou de l’évolution des écosystèmes marins depuis les dernières années. Il est plus facile d’y arriver pour les milieux terrestres, dont l’étude requiert généralement moins d’outils sophistiqués. Néanmoins, des travaux récents ont porté sur les impacts d’activités précises sur des espèces ou sur leur habita ; nous serons donc en mesure d’énumérer, dans la prochaine section, les pressions auxquelles sont exposés les milieux aquatiques de l’archipel. Auparavant, nous présentons ci-dessous les indices de qualité ou d’état que nous avons pu recenser.
  • Contamination des sédiments : Au cours des années 1960 et 1970, les sédiments de la plate-forme madelinienne présentaient les teneurs les moins élevées en métaux lourds du Saint-Laurent maritime [41].
    • Lors d’études plus récentes réalisées pour la Garde côtière canadienne (2010), les résultats des concentrations de BPC mesurées sur quelques parcelles du territoire côtier étaient 72 fois plus faibles que la concentration recommandée pour protéger la vie aquatique en milieu marin [42].
    • Zones portuaires : Des indices élevés de contamination ont été révélés dans les zones portuaires et dans la lagune de Grande-Entrée, lors d’examens préalables aux opérations de dragage, mais la situation semble s’améliorer d’année en année, notamment grâce aux mesures mises en place par les administrations portuaires (installation de conteneurs d’huiles usées et de presses à carton, etc.).
    • Chenal Laurentien : sédiments vaseux modérément contaminés par le mercure, le chrome et l’arsenic et faiblement ou pas contaminés par le cadmium, le plomb, le nickel, le zinc, le cuivre, le DDT, le mirex, les BPC, les HAP, les dioxines et les furannes [43].
    • Site du naufrage de la barge Irving Whale : les sédiments sont fortement contaminés par des BPC dans un rayon de 50 m de l’empreinte de la barge, ce qui correspond à 6000 m2 (cette zone est fermée à la pêche) [44].
    • Plans d’eau intérieurs et cours d’eau : Les travaux de nettoyage réalisés dans les plans d’eau intérieurs [45] par le Comité ZIP et les comités d’usagers ont permis d’en retirer plusieurs tonnes de déchets de toutes sortes. La situation est semblable pour bon nombre de ruisseaux, dans lesquels on jetait autrefois, et encore aujourd’hui parfois, nos eaux usées et nos matières indésirables.
  • Contamination de l’eau : L’information sur la qualité des eaux côtières entourant l’archipel est quasi inexistante [46].
  • Zones coquillières : Le réseau de suivi du Programme canadien de salubrité des eaux coquillières évalue la teneur en coliformes fécaux de l’eau dans les secteurs coquilliers. En 2005, sur les 51 secteurs évalués sur le territoire, huit avaient été fermés en raison de concentrations de coliformes fécaux trop élevées [47].
  • Contamination de la chaîne alimentaire : En 1998, Gagnon rapportait que les niveaux de contaminants dans les poissons, les fruits de mer, la sauvagine et les mollusques étaient bien en deçà des niveaux admissibles pour la mise en marché. Par contre, les œufs d’oiseaux piscivores et la graisse des mammifères marins étaient beaucoup plus contaminés en raison du phénomène de bioamplification.
  • Déclin des stocks [48] commerciaux : une baisse quasi constante du volume de l’ensemble des captures est observée depuis 1992 [49]. Le portrait de la filière halieutique régionale réalisé par Hardy et al. en 2008 résume la situation des principaux stocks pêchés dans la région administrative de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine.
Stocks Situation

Poissons de fond

Morue franche

Les deux stocks sont sous la limite de conservation.

Plie grise

À son plus bas niveau historique. Captures actuelles considérées non soutenables.

Plie canadienne

Stock effondré.

Turbot

Stock en récupération, indicateurs positifs, mais près du niveau de capture soutenable.

Poissons pélagiques

Hareng (printemps)

Stock en dessous du seuil de conservation.

Hareng (automne)

Population en bonne condition (biomasse très au-dessus du seuil de conservation)

Maquereau

Biomasse élevée mais en déclin

Invertébrés

Crabe des neiges

Fluctuations naturelles d’abondance. Diminution de la biomasse prévue.

Crevette

Stocks en bonne santé. Maximum de capture semble atteint.

Homard

Difficultés locales en Gaspésie, mais les stocks paraissent généralement en bon état.

Adapté de Hardy et al., Portrait de la filière halieutique régionale: Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine (2008).

4. Pressions potentielles sur les milieux aquatiques

  • Sans les présenter en détail, nous énumérons ici l’ensemble des pressions actuelles ou potentielles sur les milieux aquatiques du territoire, telles qu’elles nous ont été partagées lors des tables sectorielles, par des intervenants du milieu ou à travers la documentation existante. Chacune d’elle peut avoir un effet sur les fonctions écologiques de ces écosystèmes et par conséquent, sur leur capacité à fournir les biens et services identifiés plus haut.

4.1. Sources potentielles de pollution

  • Pêches et Océans Canada ne réalise pas de suivi systématique de la contamination dans le milieu et les organismes aquatiques, sauf exception lorsqu’une espèce montre des signes de problèmes ou lorsqu’il existe des doutes quant à l’exposition à une substance donnée [50].
  • Apports terrestres : Les milieux aquatiques sont par endroits exposés aux contaminants provenant du milieu terrestre. Ces contaminants peuvent être transportés par les cours d’eau, les nappes souterraines ou les particules de sol érodées par le vent. Plusieurs sources de pollution présentées dans le profil sur les sols, sur les milieux humides et sur les eaux souterraines exposent les milieux aquatiques à un risque de contamination : notamment le centre de gestion des matières résiduelles, quelques anciens dépotoirs municipaux, des réservoirs d’hydrocarbures ou d’anciennes stations-services, les installations septiques de résidences isolées du réseau d’égouts, des stations d’épuration des eaux usées, des terres agricoles, l’aéroport, etc.
  • Apports atmosphériques : En 1998, Gagnon rapportait que les apports atmosphériques (plomb, mercure, BPC, HAP, dioxines et furannes) étaient mal connus, mais semblaient très faibles pour le secteur du golfe.
  • Immersion en mer de résidus marins : Les usines de transformation du territoire peuvent obtenir d’Environnement Canada un permis pour immerger une quantité limitée de résidus de produits marins.
  • Mise en circulation de sédiments contaminés : Les opérations de dragage des chenaux, des ports et des havres de pêche, ainsi que certaines pratiques de pêche peuvent remettre en suspension des volumes importants de sédiments. Il arrive que ces sédiments soient contaminés. (Les taux de contamination des sables de dragage sont toutefois évalués avant de procéder à leur utilisation pour la recharge des côtes ou à leur immersion en mer.)

4.2. Opérations de dragage et immersion en mer

  • Le dragage des ports, havres et chenaux a un impact certain sur les habitats, mais les études actuelles ne révèlent pas si les effets sont négatifs ou positifs. [51] Il en est de même pour l’immersion en mer des sables de dragage.
  • Lorsqu’il apparaît que l’habitat du poisson (ou d’autres espèces marines) peut être perturbé par de telles activités, le promoteur d’un projet est tenu de déployer des mesures de compensation ailleurs, soit pour améliorer ou recréer un habitat (programme de Pêches et Océans Canada) [52].

4.3. Levés sismiques

  • À plusieurs reprises au cours des dernières années, des levés sismiques ont été réalisés sur de vastes quadrillages dans le golfe à des fins de prospection gazière ou pétrolière. Des effets liés aux décharges sonores sur la faune, la flore et les habitats ont été rapportés, notamment : comportements d’évitement résultant en un déficit énergétique chez les poissons et mammifères marins, surdité temporaire chez les mammifères marins, effets létaux sur le plancton, éclatement des coquilles de mollusques, délogement des sédiments et changements à la structure des fonds, etc [53].

4.4. Pêche de capture

  • De nombreuses mesures sont déployées pour contrôler l’effort de pêche sur le territoire. Chaque espèce commerciale est régie séparément par une équipe de gestionnaires avec laquelle collaborent des scientifiques et parfois des représentants de l’industrie [54].
  • Les mesures de gestion varient d’un stock à l’autre : certaines pêches sont gérées par quota (poissons de fond, crabe des neiges, pétoncles, etc.), et d’autres, dites compétitives, par le contrôle de l’effort de pêche (homard). Selon les cibles visées, les mesures comprennent la détermination de quotas, des prises accessoires autorisées, du nombre de permis, des dates d’ouverture, de tailles de capture, des dimensions et du type d’engin, etc.
  • Parmi les facteurs qui peuvent influencer l’état des stocks et des écosystèmes aquatiques :
    • Le braconnage : La gestion de la plupart des stocks repose en partie sur les données de pesage recueillies à quai ou sur celles consignées dans les journaux de bord des pêcheurs. Lorsque des prises ne sont pas déclarées, les gestionnaires sous-estiment les volumes débarqués. Leur évaluation de l’état du stock s’en trouve faussée, et par ricochet, les mesures de gestion le sont aussi.
    • Prises accidentelles et rejets en mer : La sélectivité des engins de pêche étant limitée, les prises accidentelles d’espèces non ciblées sont quasi inévitables [55]. Les gestionnaires autorisent donc les pêcheurs à lever un certain pourcentage de ces prises. Or cette mesure semble avoir un effet double : d’une part, la rigidité de la règle oblige des pêcheurs à rejeter en mer des poissons très abîmés, ce qui gaspille la ressource ; d’autre part, certains pourront orienter leur pêche de façon à lever le maximum toléré de prises accidentelles, ce qui risque de nuire au rétablissement des stocks qui sont en situation précaire [56].
    • Engins mobiles : Ces engins comprennent tous les types d’équipement que l’on fixe sur un bateau pour la durée de la pêche, tels la senne, la drague, le râteau hydraulique ou le chalut [57]. Le passage d’engins mobiles sur un fond ou dans la colonne d’eau affecte l’habitat, la faune et la flore, dans une mesure qui varie selon le type d’engin, la fréquence de son passage, le type de fond et le régime naturel de perturbations auquel se sont adaptées les espèces qui y vivent [58]. Parmi les effets rapportés dans la littérature des engins qui raclent le fond, on note : l’aplanissement du fond (réduction de sa complexité), la remise en suspension des sédiments, l’écrasement ou l’enfouissement d’espèces benthiques, le regroupement de prédateurs ou de charognards dans le milieu, la mortalité des prises accessoires et la réduction de l’abondance et la diversité des organismes vivant sur le fond [59]. Le déclin graduel des stocks servant d'appât (hareng, maquereau, etc.) pour d'autres pêcheries (homard, etc.) engendre des changements quant aux pratiques de pêche : la petite drague à plie utilisée dans ce contexte amène un questionnement et des contrôles nécessaires [60].
    • Engins fixes : Ces engins regroupent les équipements de pêche tels les casiers à homard et à crabe, la palangre et le filet maillant [61]. Les effets documentés sont liés aux casiers ou filets perdus en mer, dans lesquels peuvent s’empêtrer ou rester prises des espèces marines.
    • Efficacité et surpêche : Il est établi qu’il existe une corrélation plus ou moins directe entre la surpêche et le déclin de certaines espèces. L’efficacité des technologies de détection, des engins et des navires n’a cessé d’évoluer au cours des dernières années, alors que les ressources en général montraient une tendance inverse. La compétition entre pêcheurs ou entre groupes de pêcheurs d’une même région ou de régions différentes, voire de nations distinctes, est parfois très intense. Dans ce contexte, pour subsister ou s’assurer un revenu viable, certains s’endetteront pour plusieurs années, et s’en trouveront d’autant motivés à maximiser dans les plus courts délais le retour sur ces investissements [62].

4.5. Trempage des casiers

  • À partir du 15 mars jusqu’au début de la pêche au homard, il est permis de faire tremper les casiers en eau peu profonde, presque partout sur le territoire sauf dans les herbiers à zostère. Les intervenants jugent que cette pratique a peu d’impacts [63]. Les effets potentiels comprennent les dommages aux rives causés par les véhicules et ceux causés aux herbiers lorsque les directives du MPO ne sont pas respectées.

4.6. Mariculture

  • Sur le territoire, étant donné leur faible densité, les activités maricoles semblent peu préoccupantes pour les acteurs du milieu [64].
  • Ces activités comprennent ici le captage de juvéniles en milieu naturel, l’ensemencement sur des fonds naturels et l’élevage en suspension. Différents effets sont associés à chacune d’elles. Nous énumérons ci-dessous ceux recensés dans la littérature par Sahlin et al. (2010).
  • Captage de naissain : Le captage se fait au large à l’aide de structures immergées dans la colonne d’eau qui augmentent la quantité de substrat (support à la croissance) disponible et favorisent la survie des larves de l’espèce visée. Selon les données disponibles, le captage de naissain n’engendre que très peu d’impacts sur le milieu [65] et sur les stocks naturels de l’espèce [66].
  • Culture en suspension : À l’étape du grossissement, les bivalves installés sur des structures en suspension utilisent leur capacité de filtration pour s’alimenter des particules en suspension dans l’eau. Aucun apport supplémentaire de nutriments n’est requis. Des effets positifs, négatifs ou neutres sont recensés dans la littérature à partir d’expériences menées aux Îles et surtout ailleurs. Parmi les effets positifs, on note : une augmentation du taux de renouvellement des nutriments dans la colonne d’eau, une augmentation de la productivité de l’écosystème, un accroissement de la complexité du fond, une augmentation de la biodiversité et de l’abondance des espèces et une amélioration de la qualité des eaux. Parmi les effets potentiellement négatifs, généralement associés à des élevages plus denses, on note : l’hypoxie (diminution d’oxygène dissous) des milieux, l’enrichissement organique et une altération de la biogéochimie des sédiments sous les structures et une diminution de la biomasse zooplanctonique [67]. Des modifications de la structure des communautés vivant sur le fond, parfois associées à une augmentation d’espèces opportunistes, sont aussi rapportées [68].
  • Ensemencement : Il existe peu d’études sur les effets des ensemencements de bivalves sur le milieu naturel. Des conditions hypoxiques et des changements à la structure des communautés ont été rapportés ailleurs, en association avec des ensemencements de très fortes densités (2000-2500 individus/m2[69].
  • Récolte : Au Québec, la récolte des myes ensemencées se fait manuellement à l’aide d’un râteau hydraulique à jets d’eau et d’épuisettes. Le passage du râteau peut modifier temporairement la communauté vivant sur le fond et créer des dépressions ou des tranchées dans les sédiments [70]. Ces activités peuvent également effaroucher les oiseaux migrateurs qui s'alimentent ou se reposent dans les secteurs ciblés [71]. D'autre part, la récolte de pétoncles ensemencés se fait à l’aide d’une drague du même type que celle utilisée pour la pêche commerciale. Dans ce dernier cas, les effets associés sont similaires à ceux rapportés ci-dessus en lien avec l’utilisation d’engins fixes [72].
  • Par ailleurs, des mesures de gestion sont mises en place par Pêches et Océans pour contrôler les risques associés à l’introduction potentielle d’espèces exotiques ou de maladies, lorsque des transferts interrégionaux d’espèces sont réalisés [73].

4.7. Présence d’espèces exotiques envahissantes aquatiques

  • Une espèce envahissante est une espèce non indigène qui est transportée hors de son aire de distribution normale, qui s’établit avec succès et qui a des conséquences écologiques ou économiques importantes. Les espèces exotiques qui deviennent envahissantes possèdent des caractéristiques particulières comme la tolérance à diverses conditions environnementales, un cycle de reproduction court et une grande capacité de reproduction [74].
  • De façon générale, les principaux vecteurs responsables des introductions d’espèces marines envahissantes sont la navigation commerciale et de plaisance (eaux de lest et salissures sur les coques), l’aquaculture (introductions intentionnelles ou accidentelles), la destruction des barrières naturelles et le commerce de poissons vivants [75].
  • La présence d’espèces exotiques envahissantes dans les eaux du golfe suscite des inquiétudes quant aux conséquences possibles sur l’industrie de la pêche et la mariculture aux Îles-de-la-Madeleine. Cette problématique touche plusieurs régions maritimes [76].
  • Ci-dessous, les espèces exotiques envahissantes observées sur le territoire, tel que rapporté par les intervenants [77] :
Espèce exotique Présence sur le territoire Impacts écologiques et économiques[78]
Codium fragile
Algue verte
Observé depuis 2003 Déracine la zostère; nuit aussi aux laminaires; nuit à l’alimentation de plusieurs mollusques en se fixant sur leurs coquilles; se fixe aux huîtres et peut les emporter au loin; cause des salissures sur les mollusques et les crustacés (pertes d’inventaire pour l’industrie).
Crabe vert
Crustacé
Observé depuis 2004.
5 individus dénombrés en 2004, contre 1480 en 2009.

Modifie l’abondance et la diversité des espèces ; peut détruire les bancs de mollusques bivalves (myes surtout) et les herbiers de zostères ; peut nuire à l’industrie maricole ; peut nuire à la pêche à l’anguille en attaquant les prises.

Caprelle japonaise
Crustacé amphipode
Observé depuis 2005

Infeste les structures artificielles et peut avoir un impact sur l’industrie maricole, plus particulièrement sur la culture de mye.

Membranipora
Bryozoaire
Observé depuis 2005

Peut occasionner des impacts sur les herbiers à laminaires et perturber les écosystèmes associés.

Botrylle étoilé
Tunicier (colonial)

Observé depuis 2006

Les tuniciers font concurrence aux autres organismes pour l’espace et la nourriture, ce qui modifie la dynamique des communautés naturelles; ils menacent l’aquaculture, la pêche et les autres activités côtières et de haute mer; ils augmentent la masse des structures d’aquaculture et accroissent les coûts d’exploitation de la récolte et de la transformation des mollusques.

Botrylloïde violet
Tunicier (colonial)
Une colonie observée en 2008.
Ascidie jaune
Tunicier (solitaire)
Observé en 2006
Diplosoma listerianum
Tunicier
Une observation en 2008

4.8.  Inondation, ensablement, érosion

  • Les vagues de tempêtes, les grandes marées et l’érosion hydrique et éolienne des cordons littoraux entraînent un ensablement progressif des plans d’eau intérieurs et des cours d’eau, et en certains endroits, une détérioration des habitats aquatiques.

4.9. Artificialisation des rives et remblais

  • La construction de routes ou d’infrastructures portuaires et les aménagements réalisés par des particuliers peuvent modifier la dynamique des plans d’eau intérieurs, des cours d’eau et des zones marine littorales. Notamment, certains travaux réalisés dans les petits cours d’eau perturbent la circulation de l'eau et le passage de poissons tels que l'anguille d'Amérique, la truite et l’éperlan arc-en-ciel, bloquant ainsi l’accès aux sites de frai [79].

4.10. Incidence humaine sur la biodiversité

  • Certaines activités récréatives peuvent avoir une incidence sur la survie des populations d’oiseaux. La situation pour certaines espèces à statut précaire est préoccupante (voir la liste des espèces en péril). Le dérangement associé aux excursions nautiques, aux sports de voile et aux activités de chasse, de pêche et de mariculture concerne principalement les oiseaux de rivage, la sauvagine en migration, les colonies de hérons et les oiseaux de mer. Sur les sites de nidification, les effets suivants ont été observés sur différentes espèces : envols répétés, abandon des nids, prédation accrue sur les œufs ou les jeunes, diminution des soins parentaux, destruction des nids. Dans les haltes migratoires, la diminution du temps consacré à l’alimentation peut nuire au succès de migration [80].
4.10.1. Sources potentielles de pollution
Sources potentielles de pollutions_a   Sources potentielles de pollutions_b
4.10.2. Pressions potentielles liées aux usages
Pressions potentielles liées aux usages_a   Pressions potentielles liées aux usages

5. Pressions futures et aspects globaux à considérer

5.1. Projets d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures en mer

  • Les écosystèmes du golfe sont vulnérables aux levés sismiques et aux déversements d’hydrocarbures extracôtiers. En cas de forage, les expériences ailleurs démontrent qu’il existe une probabilité de près de 20 % qu’un déversement majeur se produise sur une période de 25 ans. Or, selon l’industrie, les technologies actuelles ne permettent de récupérer que 2 à 12 % des hydrocarbures dispersés lors d’un accident. La réglementation actuelle fixe la responsabilité de l’industrie à rembourser un maximum de 30 millions de dollars pour réparer les dommages. Les futurs projets d’exploration et d’exploitation du gisement Old Harry sont très préoccupants et sont à considérer dans l’évaluation des risques liés à ce profil [81].

5.2. Impacts des changements climatiques

  • Recul prévu du trait de côte pour les côtes basses sablonneuses (80 m d’ici 2050): les plans d’eau intérieurs en seraient profondément altérés. Leur environnement dépend d’un échange d’eau avec la mer à travers des goulets de marée, dont la dynamique hydrologique est étroitement liée aux courants, à l’érosion côtière ou à l’accumulation de sédiments sur le littoral [82].
  • Hausse du niveau de la mer, accroissement de la variabilité des précipitations et perte du couvert de glace: risques potentiels liés à l’érosion ou à l’inondation de terrains potentiellement contaminés (centre de gestion des matières résiduelles, anciens dépotoirs, certains étangs d’épuration), ou à la remontée des nappes qui pourraient dans certains secteurs atteindre les sols contaminés et migrer vers les milieux aquatiques.
  • Effets globaux sur la productivité, la diversité et la distribution du phytoplancton associés entre autres au réchauffement de la surface de la mer et à l’acidification des océans. Des modifications de la biodiversité, de la distribution des espèces et des parcours migratoires de plusieurs populations fauniques sont aussi à prévoir.

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Le diagnostic comprend le bilan des actions passées, le risque et ses impacts, les enjeux associés et les options stratégiques pour y répondre. 

1.
Le fond des fosses est principalement recouvert de sable vaseux, et dans les zones moins profondes, de sable ou de gravier. Au nord, au sud et à l’ouest, de grandes zones sont formées d’affleurements rocheux recouverts d’une couche de sable ou de sable graveleux. De façon générale, au nord-ouest et au large de l’Étang-du-Nord, là où la houle et les courants sont plus forts, les sédiments de surface sont composés de sables grossiers et de graviers, alors que sur la moitié opposée, au large de Cap-aux-Meules, les sédiments varient de très fin à moyen, l’énergie des houles étant plus faible (Provencher et al., 1997).
2.
Les oscillations du niveau marin sont provoquées par l'attraction de la lune et du soleil. La marée se propage de façon rotative à partir d'un point précis nommé amphidromique et son amplitude augmente à mesure qu'on s'en éloigne. Dans le golfe, ce point étant situé à 50 km à l'ouest des îles de la Madeleine, l'amplitude moyenne des marées dans l'archipel est la plus faible de tout le Saint-Laurent. Pour ces mêmes raisons, le cycle des marées se trouve également modifié aux environs des Îles. Alors que sur les côtes du Saint-Laurent on ne retrouve que des marées de type semi-diurne (2 cycles/jour), la partie nord des îles de la Madeleine est sujette à des marées de type diurne (un seul cycle/jour), tandis que le reste des côtes madeliniennes reçoit à la fois les types diurne et semi-diurne.
3.
De Sève et al. (1979) cité par Werstink (2007).
4.
MPO, Plan de gestion intégrée de la pêche au homard dans la zone 22 de 2010 à 2014 (2010).
5.
Rail (2009).
6.
Fradette (1992), Rail (2009), Sahlin (2007), Attention FragÎles, Plan de conservation des habitats des espèces en péril (2002).
7.
Une zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO) est un site qui fournit des habitats essentiels à une ou plusieurs espèces d'oiseaux pendant au moins une phase de leur cycle de vie (http://www.naturequebec.qc.ca/zico/index1_no.html).
8.
Habitat pélagique : habitat des organismes qui vivent dans la colonne d’eau (par opposition aux habitats benthiques des organismes qui vivent sur les fonds marins).
9.
Plancton : organismes microscopiques vivant en suspension dans l’eau.
10.
Référence à compléter
11.
Gagnon (1998), Cloutier (2006), Pereira et al. (2002), Morissette et Jomphe (2002), Comité ZIP des Îles, Plan d’action pour la rationalisation des accès menant aux plans d’eau d’intérieurs des Îles-de-la-Madeleine(2007).
12.
Werstink (2007).
13.
Werstink (2007).
14.
Gagnon (1998).
15.
De Sève et al. (1979) cité par Werstink (2007).
16.
CREGÎM (2004), Martel et al. (2009).
17.
Bourque et Richard (1993), Richard (1995), Verreault (1997), Aquarium des Îles (1997), Terramar Environnement (1998), cités dans Comité ZIP des Îles, Plan d’action et de réhabilitation écologique (PARE) des Îles-de-la-Madeleine (2002).
18.
Entretiens avec Yves Martinet, Comité ZIP des Îles (2011).
19.
MPO, Les pêches maritimes du Québec. Statistiques de débarquement par espèces (2010).
20.
MPO, Les pêches maritimes du Québec. Statistiques de débarquement par espèces (2010).
21.
MPO, L’industrie de la pêche au Québec. Profil socio-économique. Îles-de-la-Madeleine (2004).
22.
Hardy et al. (2008).
23.
MPO, L’industrie de la pêche au Québec. Profil des secteurs maritimes 2009 (2009). Il est à noter que les 25 pêcheurs de mactre de l’Atlantique (palourde) ne sont pas inclus dans ces chiffres (Table sectorielle du 19 janvier 2011, dans le cadre du PSIE-1).
24.
MPO, L’industrie de la pêche au Québec. Profil des secteurs maritimes 2009 (2009).
25.
MPO, L’industrie de la pêche au Québec. Profil socio-économique. Îles-de-la-Madeleine (2004).
26.
MPO, L’industrie de la pêche au Québec. Profil des secteurs maritimes 2009 (2009).
27.
Hardy et al. (2008).
28.
Des essais ont toutefois été faits dans le passé sur l'oursin vert pour en exploiter les gonades (entretiens avec Yves Martinet, Comité ZIP des Îles (2012)).
29.
Hardy et al. (2008).
30.
MAPAQ, Répertoire des sites maricoles des Îles-de-la-Madeleine. [En ligne] http://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Peche/Mariculture/sitesmaricoles/Pages/repertoiredessitesmaricoles.aspx (Page consultée le 30/01/11)
31.
Hardy et al. (2008), Werstink (2010).
32.
Une portion du naissain capté est placé en pré-grossissement dans la lagune du Havre aux Maisons (entretiens avec Yves Martinet, Comité ZIP des Îles (2012)).
33.
Hardy et al. (2008), Werstink (2010).
34.
Tivemark (2010)
35.
Hardy et al. (2008), Werstink (2010).
36.
Entretiens avec Selma Pereira, MPO (2011).
37.
Comité ZIP des Îles, Effort de régénération de la population d’huîtres dans le bassin aux Huîtres (2008).
38.
Il est à noter que la pêche à l’éperlan arc-en-ciel, pratiquée à l’aide d’un filet, est considérée comme une pêche commerciale par la MAPAQ et le MRNF, qui la gèrent (entretiens avec Selma Pereira, MPO (2011)).
39.
Selon l’étude de Landry et Nadeau, Mise en place du plan d’action sur les espèces envahissantes aquatiques aux Îles-de-la-Madeleine (2009)
40.
FAO, Directives techniques pour une pêche responsable (2010).
41.
Gagnon (1998).
42.
Garde côtière canadienne (2010).
43.
Gagnon (1998).
44.
Gagnon (1998).
45.
Ces travaux de nettoyage ont été réalisés sur les fonds, dans la colonne d'eau et sur les berges des plans d'eau, ainsi que dans les cours d'eau et dans les milieux humides (entretiens avec Yves Martinet, Comité ZIP des Îles (2012)).
46.
Gagnon (1998), Werstink (2010), Table sectorielle du 19 janvier 2011, dans le cadre du PSIE-1.
47.
Plans Saint-Laurent pour un développement durable, La salubrité des eaux coquillières [en ligne]
48.
Stock : population animale qui occupe une aire de distribution constante d’une année à l’autre, dont les individus se reproduisent entre eux.
49.
Tivemark (2010).
50.
Table sectorielle du 19 janvier 2011, dans le cadre du PSIE-1, et Michel Lebeuf, Pêches et Océans Canada, Contaminants émergents, les répercussions potentielles sur les espèces potentielles et la santé humaine [en ligne]  http://www.planstlaurent.qc.ca/sl_obs/sesl/divers/RDVSL2006 (page consultée le 10/06/2010).
51.
Table sectorielle du 19 janvier 2011, dans le cadre du PSIE-1.
52.
Référence à compléter
53.
BAPE, Les enjeux liés aux levés sismiques dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent (2004).
54.
Voir Hardy et al. (2008) et Tivemark (2010) pour un aperçu plus complet des mécanismes de gouvernance en place.
55.
Selon le type d’engin utilisé, le volume de ces prises est plus ou moins important, et l’état des spécimens est plus ou moins resplendissant.
56.
Tivemark (2010).
57.
Senne : filet encerclant et traînant, mis à l’eau par une embarcation et manœuvré à partir du bateau. Drague : Sac en filet ou en métal remorqué sur le fond au moyen d’une armature présentant une ouverture de forme et largeur variables, dont la partie inférieure est munie d’une lame formant un racloir et parfois de dents. Il existe généralement un modèle adapté à chaque coquillage. Chalut : Filet remorqué, constitué d’un corps de forme conique, fermé par une poche et prolongé à l’ouverture par des ailes. Il peut être traîné par un ou deux bateaux, et selon le type, fonctionner au fond (chalut de fond) ou entre deux eaux (chalut pélagique). Définitions tirées de Tivemark (2010).
58.
Hartog (2003) cité lors de la table sectorielle du 19 janvier 2011 dans le cadre du PSIE-1; Kaiser et al. (1998), Collies et al. (2000) et Hiddink (2006) cités par Sahlin et al. (2010).
59.
Hartog et Archambault (2002), Hartog (2003).
60.
entretiens avec Yves Martinet, Comité ZIP des Îles (2012).
61.
Palangre : Longue ligne qui comprend une ligne principale sur laquelle sont fixés de nombreux hameçons par l’intermédiaire d’avançons de longueur et d’écartement variables selon l’espèce recherchée. On distingue les palangres de fond, mouillées au fond, et les palangres dérivantes, supportées par des flotteurs en surface. Filet maillant : filet de forme rectangulaire et fabriqué de fils fins, mouillé verticalement dans l’eau. La dimension des mailles est calculée pour retenir le poisson par la tête ou l’avant du corps. Définitions tirées de Tivemark (2010).
62.
Tivemark (2010).
63.
Table sectorielle du 19 janvier 2011 dans le cadre du PSIE-1.
64.
Table sectorielle du 19 janvier 2011 dans le cadre du PSIE-1.
65.
Selon Kaiser et al. (1998), cité par Sahlin et al. (2010).
66.
Selon Giguère et al. (1995), Cliche et Giguère (1998) et Cliche et al. (1999), cités par Sahlin et al. (2010).
67.
Bien que les mollusques puissent se nourrir de zooplancton, des chercheurs ont constaté que les larves de homard seraient trop grosses pour être consommées par des moules et assez mobiles pour s’éloigner du courant de filtration généré par les bivalves.
68.
Voir les références citées dans la revue de littérature de Sahlin et al. (2010), au chapitre 3.1.
69.
Bartoli et al. (2001) et Nizzoli et al. (2006) cités par Sahlin et al. (2010). En comparaison, les ensemencements de myes aux Îles-de-la-Madeleine sont réalisés à des densités d’environ 500/m2 (Sahlin et al. (2010)).
70.
Provencher (2005), Chevarie et Myrand (2006), Tuck et al. (2000), cités par Sahlin et al. (2010).
71.
Entretiens avec Yves Martinet, Comité ZIP des Iles (2012)
72.
Voir les références citées dans la revue de littérature de Sahlin et al. (2010), au chapitre 3.2.4.
73.
Sahlin et al. (2010).
74.
Simard et al. (2005)
75.
Simard et al. (2005)
76.
MPO, Les envahisseurs aquatiques, carnet d’identification (2009).
77.
Table sectorielle du 19 janvier 2011, dans le cadre du PSIE-1.
78.
Tirés de : MPO, Les envahisseurs aquatiques, carnet d’identification (2009).
79.
Comité ZIP des Îles, Plan d’action et de réhabilitation écologique (PARE) des Îles-de-la-Madeleine (2002).
80.
Table sectorielle du 25 janvier 2011, dans le cadre du PSIE-1.
81.
Table sectorielle du 25 janvier 2011, dans le cadre du PSIE-1, références à ajouter.
82.
Comité ZIP des Îles, Effort de régénération de la population d’huîtres dans le bassin aux Huîtres (2008), Grenier et Dubois (1992).
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Le Plan stratégique d'intervention en environnement sur le territoire des Îles-de-la-Madeleine est une réalisation d'Attention FragÎles en concertation avec les acteurs en environnement aux Îles-de-la-Madeleine.